Adobe Super Résolution, utile ? Oui !

Adobe Super Résolution. Oui, mais encore… ?

Explications de ce que j’ai compris…

Adobe, à l’instar des autres éditeurs, a décidé d’ajouter à certains de ses logiciels de traitement d’images, des outils liés à l’Intelligence Artificielle (IA). Le dernier-né en date se propose de doubler la résolution linéaire horizontale et verticale. Ce qui veut dire que le nombre de pixels est doublé par ligne et par colonne. Le nombre de pixels total est donc multiplié par 4. Sauf que l’outil ne va pas simplement cloner 1 pixel sur 2, mais va inventer les pixels manquants. Ce type d’outil existait déjà, mais n’était pas très performant. L’apport de l’IA à l’outil devrait changer les choses.

Reposant sur le deep learning (apprentissage profond) et un neural network (réseau de neurones), les algorithmes vont s’auto-éduquer au travers des millions d’images qui seront soumises. Puis, ces algos sont intégrés aux logiciels et vont utiliser les moteurs AI des OS récents ainsi que les cœurs de type neuronaux (les neural Engine de la puce Apple M1 par exemple) pour produire cette augmentation de pixels.

Le fichier produit est un DNG qui conserve toutes les caractéristiques du fichier Raw original (ou du JPEG). Si vous aviez déjà développé votre cliché avant d’utiliser l’Adobe Super Resolution, alors les corrections et réglages seront conservés dans le nouveau fichier.

OK, mais pourquoi ce besoin de pixels ?

Sur le papier, l’Adobe Super Résolution est une idée très intéressante. Intéressante, mais pourquoi alors que les capteurs modernes regorgent de pixels ? Les raisons sont nombreuses :

  • Tout d’abord, tous les boîtiers modernes ne regorgent pas pixels. Prenez les hybrides récents qui offrent souvent entre 20 et 24 Mpx. Certes, il y a des boîtiers à 40 ou 50 max (voir plus). Mais à des tarifs stratosphériques ! Ils sont donc nombreux ceux qui se cantonnent à une gamme 16/24 Mpx, ce qui est suffisant pour la majorité des images, y compris une impression jusqu’à l’A3, voir l’A2. Au-delà, on va perdre en détail et en précision.
  • Au début de l’ère des APN (Appareils Photo Numérique), la définition n’était pas aussi « élevée » que maintenant. Ce qui n’a pas empêché de prendre de bons clichés, mais entre 3 et 10 Mpx…
  • RAW vs JPEG, le premier offre une meilleure qualité. Une super-résolution permettrait peut-être d’améliorer la qualité desdits JPEG (cela reste à voir). Personnellement, la bascule en RAW s’est faite au début de l’année 2009. Avant, s’il y avait bien quelques tests, le JPEG était omniprésent.
  • Une dernière raison pour finir. Si c’est vrai qu’en général nous n’en avons pas besoin, il arrive parfois qu’on en ait (vraiment) besoin. Comme lorsqu’on a effectué, en Post-Traitement, un recadrage très serré. Parce que n’avait pas le choix, limité par l’objectif. Cela m’est souvent arrivé et dans ces cas-là, quand je vois la taille du fichier (1200 x 800 par exemple), je pleure parce que je sais que je ne pourrais pas réellement l’exploiter.

Les situations où un besoin supplémentaire de pixels existent. Alors si l’outil est à la hauteur, il sera utilisé par de nombreux photographes.

Un petit test, en passant

Alors, puisqu’Adobe propose sa solution Super Résolution avec Camera Raw 13.2, la tester me semble une bonne chose. Voici le premier résultat.

Quelques différences, dans l’œil et sur le bec essentiellement
Sans accentuationavec accentuation

 

Nette inflation du poids de l’image (de 1,7 à 7 Mo) pour un doublement de la taille de l’image
taille sansaprès accentuation

 

Les pixels sont moins visibles, les contours semblent plus fluides et on perçoit mieux les plumes (la partie noire des plumes est mieux définie)
avant accentuationaprès accentuation

Ce test unique n’est pas représentatif. Mais, même si on ne trouve pas le résultat fabuleux, le gain est net et perceptible. L’outil a bien créé des points sans uniquement les doubler comme le ferait l’outil classique. Certes, il faudra effectuer d’autres tests, en jouant sur les outils complémentaires pour avoir une meilleure idée du résultat final. 

Un bémol tout même. L’outil, et c’est normal, n’est disponible qu’après avoir effectué les maj de la Creative Cloud de mars 2021. Par contre, le travail n’est pas fini, car pour l’instant, seul Camera Raw propose l’outil. À terme, Photoshop et les Lightroom (Bureau et Classic) pourront eux aussi en bénéficier (sans doute lors de la Maj de juin).

On ne peut pas dire qu’ils sont fabuleux, mais c’est un outil qui mérite qu’on s’y penche. Pour ceux qui aiment, les impressions mieux définies, mais qui ont des fichiers trop faibles vont pouvoir envisager cet outil réellement. Attention, il n’est pour le moment disponible que dans CameraRaw. Il devrait l’être dans les différents LR en juin prochain.

 


L’outil est prometteur. J’attendrais sa mise à disposition dans Lr pour effectuer d’autres tests. D’ici là, les algos se seront un peu perfectionnés. Par contre je sais déjà que je n’appliquerais pas l’outil à toutes mes photos, mais seulement à une sélection de quelques clichés. Car l’inflation en termes de poids est conséquente. D’ailleurs, à quand un DNG compressé sans perte, à l’instar de ce que propose Canon avec le conteneur cr3 ? Ce serait intéressant à l’heure où les capteurs proches des 50 Mpx deviennent monnaie courante…

 

Pour accéder à la fonctionnalité, il faut absolument que le fichier soit au format DNG. Les images au format JPEG ou TIFF sont (pour le moment ?) interdits, ce qui est logique puisque seul CameraRaw a intégré la Super-Résolution (version 13.2 minimum). Ouvrez un fichier DNG dans Photoshop, ce qui lancera le module CameraRaw. Dans le film fixe, il y aura une image. Faites un clic-droit sur l’image et, dans le menu déroulant, choisir l’option « Accentuer ». Une boîte de dialogue apparaît avec l’option « Super-Résolution ». Vous ne pourrez que doubler la résolution. Le fichier en sortie sera au format DNG.

 

image de tête d’article : © adobe, from blog.adobe.com

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