Appareil photo : achat en 2020/2021

L’achat d’un appareil photo… Il y a quelques années, j’avais écrit un article sur « que dois-je acheter comme boîtier reflex ». Aujourd’hui, force est de constater que cette question n’est plus vraiment d’actualité. Entre la baisse fantastique des ventes et l’effet COVID-19, il faut se rendre à l’évidence, la photo ne fait plus autant rêver. Mais heureusement, certains continuent d’acheter. Et c’est tant mieux !

 

Longtemps on m’a interrogé sur l’appareil photo à acheter. Mais c’est de moins en moins le cas. Heureusement, car je serais fort embêté pour les conseiller. D’une part parce que je suis pro-reflex (alors que la tendance du marché est aux hybrides), et d’autre part, parce que j’apprécie une marque plus particulièrement. Mon avis est donc de base biaisé. Malgré ces réserves, j’ai tout de même décidé de faire une compilation des différents conseils et explications donnés au fil des ans. Mon but est de tenter d’apporter des réponses à ceux qui se posent des questions au moment du choix de leur boîtier, afin de les aider à faire un choix.

Avant de commencer…

Que soit un reflex ou un hybride, ce type d’appareil photo n’est pas destiné à simplement prendre des photos, mais plutôt à faire de la photo. La nuance est d’importance. Avec ce type d’appareil, il va falloir apprendre à jouer avec les différents réglages (mise au point, ouverture, iso, vitesse, balance des blancs, etc.) afin d’obtenir le résultat que l’on souhaite. Certes, il existe bien un mode tout automatique, mais il serait dommage d’investir dans ce type d’appareil photo et ne s’en tenir qu’à cela.

Un boîtier va donc nécessiter un temps d’apprentissage afin de le maîtriser correctement. Si vous n’êtes pas dans cette logique, alors il est possible qu’ils ne soient pas un choix qui vous conviendra le mieux. Une réorientation vers un compact ou un bridge ou autre sera donc à prévoir.

Pourquoi faire l’achat d’un appareil photo alors que dans votre poche…

Les smartphones ont enterré les APN de type compact. Même s’il en subsiste quelques un, le temps où Panasonic et Sony sortaient 3 ou 4 collections par an avec des millions de vente à la clé, c’est fini. 

Aujourd’hui, et sauf erreur de ma part, vous avez dans votre proche un merveilleux petit objet que l’on appelle smartphone. Et la plupart d’entre eux proposent une qualité d’image suffisante pour vos besoins. Bien utilisé, il est capable de produire des photos très intéressantes, que ce soit en voyage ou dans la vie de tous les jours.

Pas des Sables, iPhone X
Pas des Sables, iPhone X
RER, dodo du matin, iPhone X
RER, dodo du matin, iPhone X

Oui, l’utilisateur de ce type d’appareil ne pourra pas faire tout ce qu’il est possible de faire, mais l’intelligence artificielle et quelques « artifices mécanicolectronique » ont permis des progrès remarquables. Ainsi, en intégrant plusieurs objectifs et capteurs, les smartphones peuvent prendre des portraits comme si c’était avec un 50 f/2. Avec un effet de bokeh bluffant pour ce qu’on a entre les mains. La stabilisation optique est même en train de s’en emparer, reléguant la stabilisation numérique pas fameuse dans le passé. Les clichés sont de plus en plus beaux, de plus en plus léchés.

Certes, la qualité ne sera pas celle que l’on peut obtenir avec un boîtier, mais bien utilisé, on peut se contenter de ce type d’appareil.

Achat, mais pourquoi un reflex (ou un hybride) ?

Même si la guéguerre entre reflex et hybride me fait bien sourire, je suis un pro-reflex. J’ai essayé quelques hybrides de Canon, Nikon, Sony et Panasonic, mais aucun de m’a convaincu (hormis sur l’AF). Entre la batterie qui s’essouffle au bout de 300 clichés et cet écran à 2 cm de mon œil, je leur trouve des défauts. Le pire EVF que j’ai eu entre les mains étant sans doute celui du Z6 qui m’a donné mal de crâne à force de sautiller et d’avoir du temps de retard. 

Au-delà de ces considérations, en étant réducteurs, la plupart des hybrides ne sont que des reflex auxquels on a enlevé le prisme optique pour le remplacer par un écran de télé à 2 cm de l’œil. Certes, l’AF des hybrides, grâce à la nouvelle technologie mise au point par Sony, est bien meilleure (largement supérieure même), mais qui dit qu’il n’est pas possible de faire de même avec un reflex ? J’aimerais que Pentax soit le premier de ce côté. Et puis, il arrive que l’AF d’un hybride puisse parfois se tromper largement !

Autofocus d'un hybride
Autofocus d’un hybride, AF en mode spot au centre… Parfois, il y a des bugs

 

Cela ne veut pas dire que je ne passerais jamais aux hybrides. Juste que, tant que je ne serais pas convaincu de l’absence de nocivité des EVF pour l’œil, j’y réfléchirais à 2 fois avant faire un achat. Sans compter que cela me demanderait un investissement conséquent, que je ne suis pas prêt à consentir. 

Après cette petite mise au point, voici une liste des principaux avantages et inconvénients d’un reflex par rapport aux smartphones, bridges et autres compacts.

AvantagesInconvénients
  • Un accès à tous les réglages, avec des modes allant du tout automatique au manuel en passant par les modes semi-automatiques (priorité iso, priorité vitesse, priorité ouverture entre autres). Vous pourrez désormais contrôler entièrement la prise de vue et ne pas dépendre de ce qu’un mini-ordinateur aura décidé de prendre.
  • Adieu l’écran de prise de vue qu’on ne voit jamais quand il y a du soleil et bonjour la visée à travers l’objectif, vulgairement nommée « visée reflex ». Cette visée peut-être soit optique à travers un prisme (avec une couverture de vision allant de 92 à 100 %), soit numérique, avec un petit moniteur (avec une couverture de vision allant de 85 à 100 %). À noter que la visée numérique permet de s’affranchir du miroir (mirrorless) et donc permet des boîtiers plus compacts.
  • L’autofocus sera plus performant, donc plus rapide, plus précis. Suivre un objet en mouvement sera plus simple et la prise de vue plus assurée. Résultat, moins de photos seront ratées et/ou floues.
  • La qualité d’image sera supérieure. Tout d’abord parce que le capteur est physiquement plus grand (ce qui évite quelques désagréments d’origine physique). Ensuite parce que l’on pourra utiliser des objectifs de qualité. Il ne faut pas oublier que sur un reflex, on peut changer les objectifs et donc utiliser ce qui conviendra au mieux, selon les circonstances. Certes, on peut toujours monter un zoom transtandard 18-250 ou 18-300, mais bon, l’intérêt qualitatif est moindre…
  • Une réactivité supérieure aux compacts et autres bridges, aussi bien à lors de la mise au point que lors de la prise de vue. Tant que vous n’avez pas fait des photos avec un reflex, vous ne pouvez pas réellement comprendre. Car même si des progrès indéniables ont été réalisés, les reflex restent au-dessus du lot.
  • Le poids et le volume sont plus importants que ceux d’un compact ou d’un bridge. Même si on ne se contente que d’un seul objectif. Un boîtier nu avec miroir, c’est au minimum 400 gr. Avec un objectif, ce sera au mieux 600 gr. Mais cela peut atteindre le double facilement. Et si on transporte d’autres objectifs et des accessoires, alors la barre des 10 kg est facilement atteignable. Ce facteur peut être déterminant pour beaucoup d’entre vous.
  • La poussière est un autre inconvénient. Dès qu’on change l’objectif, on ouvre une porte à la poussière, laquelle peut alors se déposer sur le capteur et provoquer des taches, plus ou moins grandes, sur les photos. Faudra apprendre à faire attention.
  • Pour terminer, le prix. Si un kit de base reste accessible, le reflex est un investissement, surtout en termes d’optiques et d’accessoires.

Il faut donc bien mener sa réflexion avant tout achat.

Un boîtier certes, mais…

Acheter ce type d’appareil photo, c’est acheter un boîtier et au moins un objectif. Car il ne faut pas l’oublier, que ce soit reflex ou hybride, c’est un boîtier nu que l’on achète et sur lequel il conviendra de monter des objectifs.

Le boîtier, c’est ce qui va contenir toute l’électronique, le capteur, la carte de stockage. C’est ce qu’on va utiliser pour faire les réglages, viser et déclencher. Il est donc très important. Sauf que l’électronique progressant rapidement, un boîtier peut se retrouver obsolète rapidement. Parce que l’autofocus fait des progrès, parce la gestion du bruit et de la sensibilité augmentent en termes de qualité… Bref, beaucoup de détails qui feront que l’on sera à amener à changer de boîtier régulièrement. Côté reflex, le marché a atteint une certaine maturité qui fait qu’un boîtier moderne peut durer au moins 5 ans. Côté hybride, certaines technologies utilisées nécessitent des améliorations. D’ici 2022, ces boîtiers seront stables. Les deuxièmes générations de Canon, Nikon et Panasonic me paraissent déjà plus intéressantes, en nette amélioration.

Un objectif, c’est le complément indispensable pour prendre des photos. Un des avantages du reflex étant de pouvoir changer d’objectifs et donc de choisir ce qui conviendra à la prise de vues, rapidement on pourra en avoir plusieurs. Il en va de même pour les hybrides à objectif interchangeable. C’est le même combat. 

Un 85 pour de la photo de rue ? Le choix libre des objectifs
Un 85 pour de la photo de rue ? Le choix libre des objectifs

 

Pour en revenir aux objectifs, il n’y a pas de compatibilité entre les montures. Un objectif prévu pour un Nikon ne pourra pas être monté naturellement sur un Canon, un Pentax ou un Sony. Et vice-versa, évidemment. Il faut des adaptateurs inter-marques et ceux-ci ne sont pas toujours efficaces. Pour complexifier la situation, certaines marques ont plusieurs montures (comme Sony avec les montures A et E), non compatibles entre elles, sauf à monter une bague d’adaptation faisant perdre parfois perdre des fonctionnalités.

Autre détail, la compatibilité des objectifs avec les boîtiers Full Frame. Quand les boîtiers à capteur APS-C sont apparus, les constructeurs ont sorti des objectifs dédiés à ces capteurs. Avec comme résultat, une incompatibilité avec les boîtiers FF, même si la monture est la même. Cela augmente donc la complexité. Néanmoins, un objectif FF sera toujours utilisable sur un boîtier APS-C.

Quand on commence à investir dans des objectifs, on se lie donc à une marque, à une monture. Il conviendra donc de vérifier attentivement si les ranges de focale ou le type d’objectif (macro, décentrement, etc.) que l’on souhaite ou le type sont bien disponibles (que ce soit d’un objectif de la marque ou bien d’un constructeur tiers comme Sigma, Tamron, et d’autres). La récente monture L tend à une universalité. Mais malgré toute l’estime technique que j’ai pour elle, on ne peut pas dire que le succès soit pour l’instant au rendez-vous.

Un objectif doit être de qualité, car c’est un des principaux composants à une image de qualité. Si on associe un objectif bas de gamme à un boîtier haut de gamme, on obtiendra, presque à coup sûr, une image de moindre qualité que si on associe un objectif haut de gamme à un boîtier premier prix. Il ne faut pas oublier également que la visée (et donc la mise au point) se fait au travers de l’objectif. Plus celui-ci sera bon, meilleur selon la réactivité du boîtier.

Vous comprendrez très vite que le poste budgétaire le plus important se portera sur les objectifs. Ces derniers seront un investissement à long terme, contrairement aux boîtiers.

Néanmoins, pour commencer, l’objectif souvent livré avec le boîtier lors de son achat suffit pour commencer.

Alors un reflex (ou un hybride), mais lequel ?

Non, je ne vous indiquerai pas la marque et le modèle à acheter, parce que ce type d’achat est personnel et doit s’effectuer en fonction de critères propres. Gardez à l’esprit que, dans une même catégorie de boîtier, Nikon n’est pas supérieur à Canon, Pentax, Fuji, Olympus, Sony ou Panasonic (et d’autres). Ils sont bons et de niveau similaire. Chacun ayant ses particularités et ses défauts.

Ces marques étant pérennes (pour le moment), le choix se fera sur des détails comme le parc d’objectif qu’on a déjà ou que l’on compte acquérir, l’affinité que l’on peut avoir… et le ressenti ! Avant votre achat, allez dans un magasin spécialisé dans lequel vous trouverez ces marques et testez la prise en main, l’ergonomie. Ne vous contentez de comptes-rendus faits par un site internet ou un magazine. Il faut prendre les boîtiers en main et l’essayer. Ce n’est qu’après avoir pu appréhender les boîtiers et les marques que vous ferez votre choix. Ne laissez pas les influenceurs, et ils sont nombreux sur la toile à prêcher pour leur paroisse, vous imposez leur choix, dicté par les dividendes dans leur porte-monnaie.

Bon achat.

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