Apple Silicon M1, le nouveau combat de la pomme

Puce Apple M1 vs Intel Core iX

Grosse actualité autour du Mac ces temps-ci sur le site. Il est vrai que ce n’est pas tous les jours que j’éprouve la nécessité de parler du matériel informatique. Dans la pratique, Mac ou PC, c’est principalement une question de goût, d’appétence. Sauf si on est joueur, peu importe la machine que vous adapterez. La sortie des premiers Mac basés sur une puce Apple Silicone M1 semble rebattre certaines cartes. 

En cette fin d’année, Apple a donc proposé un double changement. L’OS d’une part (je ne reviendrais pas dessus) et matériel d’autre part, avec l’abandon des puces Intel Core iX. Place désormais à la puce M1, une puce d’entrée de gamme, spécialement désignée pour les Macs. 3 modèles ont été présentés (Mac mini, MacBook Air 13″ et MacBook Pro 13″). J’ai pu organiser une comparaison entre un haut de gamme MacBookPro 16″ core i9 32-2To et le Mac mini Silicone M1 8Go-256Go… l’entrée de gamme donc.

Conclusion

Je commence une fois n’est pas coutume par la conclusion. Je suis impressionné par la vitesse du Mac mini sous puce Apple Silicon M1. C’est une bombe. Alors que la couche d’émulation Rosetta est active, le Mac mini se montre presque aussi rapide pour de nombreuses applications que mon MBPro de dernière génération et bien gonflé côté RAM/SSD. De manière générale, il est entre 5 et 10 % plus lent en émulation… C’est proprement incroyable. Et quand les opalisations universelles ou natives existent, le MBPro est dépassé. Le Mac mini d’entrée de gamme peut être plus rapide que le portable haut de gamme. Un comble.

Les superlatifs utilisés par Apple semblent donc réels. La puce Apple Silicon M1 est plus puissante que les Core i3, i5, i7 et même i9. Mais sans doute moins que les puces AMD Ryzen 5 et Ryzen 7 (qui sont plus performantes que leurs homologues Intel).

Apple a réussi là un vrai coup. Peut-être le coup du siècle (pour la firme, soyons raisonnable). Surtout que ce n’est que la première puce, celle qui accompagne les mac d’entrée de gamme. Tout laisse à penser que la prochaine génération (M2 ?) sera meilleure. Par contre, je crains tout de même quelques limitations qui risquent de poser problème :

  • La mémoire est intégrée à la puce. Il est donc impossible d’ajouter de la mémoire. Ce côté non évolutif du mac est le plus embêtant.
  • Le SSD est intégré à la carte mère, mais les ports Thunderbolt sont suffisamment nombreux pour que l’on puisse ajouter des disques externes facilement (d’ailleurs je cherche une baie de disque pour SSD, si vous connaissez…).
  • Le GPU intégré au M1 semble puissant, mais jusqu’à quel point ? 
  • Le Mac mini est bien, mais il manque clairement une machine qui ressemblerait au Mac mini tout en offrant quelques possibilités d’évolutions (baie disque par exemple).
  • Quelles puces avec quelles différences pour le marché Pro ? iMac Pro, Mac Pro et MacBook Pro doivent pouvoir se démarquer en termes de puissance. Or la puce M1 embarquée dans le Mac mini est la même que celle déployée dans le MacBook Air 13″ et le MacBook Pro 13″. Il va falloir faire mieux de ce côté.

2021 devrait voir des changements matériels chez moi. 

Apple M1 coté disque

La comparaison MBPro 16″ et Mac mini tourne à l’avantage du premier. Mais le contrôleur étant intégré au SOC Apple M1, le MacBook Air 13″ et son homologue 13″, ces 2 machines disposent des mêmes améliorations. Pour le Air par contre, les vitesses de lecture/écriture seraient presque doublés. Un vrai gain.

MacBook Pro 16″ (32 Go/2 To) – Core i9 2,4GhzMac mini Silicon Late 2020 (8 Go/256 Go) – M1
MBP 16" i9 - Test Vitesse SSDMac mini M1 - Test Vitesse SSD
Les performances du SSD du MacBookPro 16″ sont supérieures à celui du Mac mini en écriture. En lecture, les performances semblent similaires.
MBP16 i9 - Test BRAWMac mini M1 - Test BRAW

Un SSD de 256 Go n’est pas suffisant pour une activité liée à la photo ou la vidéo. Pour peu qu’on des quelques logiciels et des photos, on atteint vite la limite avec 256 Go. Mieux vaut prévenir que tenter de guérir a posteriori, car on n’y pourra rien. 

Apple M1 côté application

J’avais prévu un vaste panel de test logiciel à mener. Sauf que tous ont été très vite dans le même sens. Le Mac mini a fait jeu égal (ou presque) avec le MBP. De manière les lancements d’applications sont très long la première fois, le temps de créer le code Rosetta2. A priori ce code généré est conservé même en cas d’arrêts de l’ordinateur. Ce qui fait que les lancements suivants sont suffisamment rapide pour ne pas avoir ces sentiments de lenteur. 

Lightroom Classic

C’était l’inconnue. Il s’agit là de mon application majeure pour la photo. Lightroom gère mon stock de photo et 75 % de mon développement est opéré par son intermédiaire. Les 25 % restant étant dévolus à Photoshop, SilverEfex (tous mes Noirs & Blancs) et DxO (quelques photos).

 MacBook Pro 16″ (32 Go/2 To) – Core i9 2,4GhzMac mini Silicon Late 2020 (8 Go/256 Go) – M1
Démarrage Lightroom avec accès photothèque8s 588 s 47
Reconstruction Aperçu 1:1 de 1970 images61 min141mn
Reconstruction Aperçu dynamique de 57 images28s 4729 s 08
Synchronisation de 291 photos avec un même traitement07s 3907 s 88
Maj des aperçus de 291 photos01min 01s 6301 min 05 s 26
Réinitialisation de 292 photos3s 374 s 66
Maj des aperçus de 291 photos12s 4112s49
   

Mis à part les reconstructions d’aperçus, les temps d’exécution en mode émulation sont remarquables. Les actions s’effectuent avec des temps équivalents ou presque (les deltas sont inférieurs 1,5 x). Il ne faut pas oublier que le macPro est censé être une des machines les plus puissantes de Apple jusqu’à maintenant. 

Reste la problématique des Aperçus. Leur création est longue, très longue. Dans les faits ; il faut environ 2,4 x fois plus de temps sur le Mac mini. Un problème qui pourrait être lié SSD de qualité un peu inférieure. 

DxO PhotoLab 4

L’autre logiciel de traitement de l’image qu’il m’arrive d’utiliser. 

 MacBook Pro 16″ (32 Go/2 To) – Core i9 2,4GhzMac mini Silicon Late 2020 (8 Go/256 Go) – M1
Export Lr vers DxO 41s 592s 01
Traitement DeepPrime sur une image à 8000 iso2s2s 04

Les temps de traitement sont similaires, sachant qu’il y a le facteur humain pour le déclenchement et l’arrêt du chronomètre.

Handbrake

Il s’agissait de convertir une vidéo en 4K au format 1080p.

 MacBook Pro 16″ (32 Go/2 To) – Core i9 2,4GhzMac mini Silicon Late 2020 (8 Go/256 Go) – M1
Conversion en 1080, Handbrake version 1.33 (Intel)10mn 55s – 32 fps environ13mn 49s – 24,2 fps
Conversion en 1080, Handbrake version 1.4 (bêta universel)8mm 25s – 39,26 fps

Sans grande surprise, Handbrake en version Intel s’en sort mieux sur le MBPro. La conversion d’une vidéo 2160 en 1080p aura pris presque 3 minutes de plus sur le Mac mini. Il est vrai que la puissance de calcul est fortement sollicitée et que l’émulation Rosetta est consommatrice de puissance.

Mais dès qu’on utilise une version universelle, les choses changent. Handbrake version bêta met une petite claque au MBP Core i9, la même tache étant effectué avec un gain en temps de 2mn 30 ! Le gain de puissance de la puce M1 serait de l’ordre de 30 % par rapport au Core i9.

La démonstration s’arrête là car tous les autres tests indiquent la même chose.

Les autres logiciels

Comme tout allait dans le même sens, pourquoi continuer ? La suite Office ne m’a pas semblé émulée vu que les sensations de vitesse sont les mêmes. La puce M1 est fantastique et cette famille devrait être très performante. À terme, Apple pourrait renouveler tous les ans sa gamme, car il y aura de vrais bonds en avant en termes de puissance. Contrairement aux puces Core iX qui semblaient traîner du pied depuis 5 ans.

Je mettrais tout de même un bémol à tout cet enthousiasme. Au 20 novembre, tous les logiciels ne sont pas fonctionnels. Il existe une frange d’utilitaires qui nécessitent une adaptation aussi bien à macOS Big Sur et à la plateforme matérielle. Je pense à Carbon Copy Cloner, iStatMenu, Little Snitch, Antidot, les drivers d’imprimantes et autres scanners, etc. Tout ce qui fera que la plateforme soit pleinement fonctionnelle. Cela ne saurait tarder, mais tant que tout ce qui faisait du Mac votre machine de production pleinement opérationnelle, il sera urgent d’attendre. Mais je suis prêt à parier que cette attente ne sera pas trop longue.

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