SI il est bien un problème qui revient régulièrement, c’est celui qui concerne la protection des photos sur le web. Et pour commencer cet article, je vais vous révéler ce qui reste la meilleure protection possible à ce jour : ne pas les publier sur le Web !

C’est radical, mais on ne fait pas mieux. Mais voilà, il ne s’agit pas d’une solution qui convienne. Quelles sont donc les principales parades et sont-elles efficaces ? A vrai dire, il n’existe pas une solution qui soit 100% efficace. Par contre, on peut arriver à faire en sorte que le futur emprunteur soit découragé et aille chercher ailleurs. Il faut, en aucun cas, partir battu, se dire qu’on y peut rien. Il existe un certain nombre d’actions à mener avant le vol et après celui-ci.

 

 

Avant le Vol

Tout est une question de curseur entre :

  • la lisibilité de l’image que l’on souhaite conserver. Si cette dernière est primordiale, alors on ne pourra pas grand chose.
  • le temps qu’on souhaite mettre dans une protection.
  • l’argent que cela nous coutera.

 

 

Les solutions faciles

 

1- Empêcher l’enregistrement des images.

Grâce à du code informatique dans la page web (il faut donc avoir accès au code source de la page), l’option « Enregistrer une image sous… » est supprimée. Mais voila, la plupart du temps, empêcher l’exécution du code javascript suffit à rendre obsolète cette protection. On peut certes empêcher la désactivation du javascript, mais bon… Sans compter qu’une copie écran permettra également une récupération, certes de basse qualité mais exploitable sur le Web.

Cette première idée peu donc prendre la porte, sans regret.

 

2- Protéger les répertoires de vos images.

C’est quelque chose que tout le monde oublie, mais via votre navigateur, on peut deviner les répertoires où sont stockés vos images. Et si ce répertoire n’est pas protégé, alors on peut visualiser lesdites images facilement.

Il est très facile de protéger ce type de répertoire. Pour cela, il suffit d’y mettre un fichier vide nommée index.html (sauf si il existe déjà, dans ce cas, le répertoire est déjà protégé).

 

3- Dégrader les images.

Au lieu de mettre la photo en plein format, il suffit d’en créer une version plus petite en la redimmensionnant (par exemple, ne pas dépasser les 500 pixels en hauteur ou en largeur). Après ce redimensionnement, on les enregistre au format jpeg avec une bonne compression (ne pas dépasser 20).

Cela n’empêchera pas de copier l’image et de l’afficher dans la même résolution ailleurs, mais c’est à peu près tout ce qui sera possible. Car l’image sera de mauvaise qualité.

 

 

Les solutions plus complexes

 

4- Les filigranes.

Un filigrane est un ou plusieurs textes et/ou logos que l’on incorpore dans une photo ou une image numérique. On marque ainsi visuellement une image. Cette solution n’est pas populaire mais il s’agit du moyen le plus simple et le efficace pour protéger ses images. Retirer un filigrane, grâce à des logiciels comme Photoshop ou PaintShopPro, est possible mais va demander du temps et de la patience. Et il faut être très bon pour ne pas laisser de traces.

Mettre un beau filigrane (un « fyve photographe » par exemple), plus ou moins transparent, à 2 ou 3 endroits de l’image, cela ne donne pas envie de copier et d’utiliser l’image ailleurs. Si une personne veut absolument utiliser mon travail, il le pourra toujours, mais ce sera visible. On compte ici sur l’impatience des gens.

Comment créer un filigrane ? Si vous avez un outil graphique type Photoshop, c’est simple. Pareil si on utilise LightRoom (dans les fonctions d’export). Mais si les logiciels que vous utilisez n’ont rien, alors vous pouvez vous rabattre sur des sites web comme Watermarktool ou des logiciels dédiés ( comme Bordermaker ou Watermark-Image sur Windows –  WatermakPro ou ImageTools sur OS X).

 

5- Solution 3 + Solution 4.

L’idée est de mélanger ces 2 solutions. On protège les répertoires et on créée une image suffisamment grande mais pas trop, qui sera sauvegardé en jpeg dégradé et avec des filigranes et une signature. Cela ne plait pas à tous le monde, mais au moins cela rendra les choses suffisamment complexes pour que le voleur moyen passe son chemin.

Cette tache (hors répertoire) peut être automatisée dans la plupart des logiciels graphiques (dans la procédure d’exportation par exemple pour LR, ou via un script dans Photoshop).

C’est cette solution que je privilégie sur mon site ainsi que sur Flickr.

 

 

La solution couteuse en temps et/ou en argent

Cette solution conviendra plutôt aux photographes professionnels, ceux qui exploitent leur travail à des fins commerciales. Ils ont besoin d’une plus grande sécurité, d’une meilleure protection.

 

6- Le watermark ou tatouage numérique en français.

Il s’agit de tatouer une photo, à l’instar de ce que la solution 3 proposait, mais de manière nettement plus fine. Ce tatouage numérique peut être associé à des outils de recherche puissant qui vont détecter une utilisation illégale.

La marque peut être un nom, un logo ou n’importe quel élément qui identifiera le propriétaire de l’oeuvre ou un acheteur.  Le ou les marques sont injectés dans l’image de manière « invisible » (en jouant sur les teintes et les textures par exemple). Résultat, aucune gêne visuelle mais si l’image est reprise ailleurs dans n’importe quel support, le tatouage sera aussi reproduit et donc l’image tracée.

Cette solution coute chère mais est est efficace. Digimarc ou SignMyImage en sont des représentants.

 

 

C’est quoi un bon filigrane ?

Il convient de garder à l’esprit qu’un filigrane doit être placé soigneusement, avec amour. Il peut être placé en haut, en bas, au milieu, à gauche, à droite ou au centre. Peu importe, du moment qu’il est visible et qu’il altère suffisamment l’image sans empêcher de voir. Attention donc à la couleur utilisée.

Un filigrane doit contenir à minima votre nom ou votre url ou votre logo. Ou les 3 à la fois. Son but est de faire comprendre aux voleurs potentiels que l’image vous appartient.

 

 

 

En cas de vol, que faire ?

Que peut-on faire si vous êtes victime d’un vol et que votre ou vos photos se retrouve sur une autre site, dans une publicité, sur la couverture d’un livre ou dans une quelconque publication ?

Si l’auteur du vol est citoyen d’un pays respectueux des lois et droit de la propriété intellectuelle, alors vous allez pouvoir intenter une action en justice avec de bonnes chances de réussite. Si le pays n’est pas très respectueux de ces lois (je pense ici à la Russie ou à la Chine entre autre), votre action a nettement moins de chances d’aboutir.

Voici donc une marche à suivre que vous pouvez adopter en cas d’appropriation illégale de vos images.

En premier, allez consulter le site de maitre Joelle Verbrugge. Elle est spécialiste en droit de la photographie, entre autre. On y trouve de très bons conseils. Et qui sait, vous ferez peut-être appel à ses services… Consultez également l’Union des Photographes Créateurs.

Dans second lieu, il va falloir se prémunir de preuves. La meilleure d’entre elles sera le constat d’huissier. Tous le reste (capture écran, récupération de logs ou de dates d’upload des photos incriminées, journal ou livre avec la parution) seront des certes des preuves, mais avec un moindre impact, surtout si la photo a disparue. Très important quand il s’agira de démontrer l’importance du préjudice si vous allez en justice pour obtenir des réparations.

Troisième étape, faire valoir vos droits auprès de l’éditeur (cela peut-être un responsable de blog, de site ou de la publication). Contactez le directement et, sans se lancer dans des explications de droits ou autres, demandez la suppression de ou des photos ainsi qu’une indemnisation (à fixer différemment selon qu’il s’agit d’un particulier ou d’un professionnel). Proposez également un tarif pour qu’il puisse continuer l’utilisation, de manière licite cette fois-ci. Si les simples injonctions restent souvent lettre morte, le fait d’y adjoindre un volet financier rend les choses brutalement plus sérieuses. Si après 15 jours il n’y a toujours pas de réponse, recommencez, avec un envoi en lettre recommandée.

En cas d’absence de réponse dans un délai raisonnable, passez à l’échelon supérieur. Contactez l’hébergeur, l’administrateur du site (Facebook, FlickR & co). C’est assez efficace pour obtenir une suppression. Lors du contact, il faudra préciser le ou les images dont il est question, leurs emplacements (url, page du livre ou de la revue, etc.) et l’absence d’autorisation de votre part.

Lors de ces demandes de suppression, vous n’avez pas à fournir la preuve de votre propriété. Vous annoncez que vous l’êtes, que vous n’avez pas donné d’autorisation et que si il n’obtempère pas, ce sera une action en justice. C’est tout.

Si aucun arrangement, même mauvais, n’est possible (suppression, indemnisation, etc.), alors il faudra aller en justice. La meilleure solution est d’être adhérent à une société d’auteurs qui se chargera de tout (en échange d’un pourcentage sur les gains). C’est parfois long, très long, mais dans l’ensemble c’est assez efficace, même pour un piratage venant de l’étranger.

Courage…