Régulièrement, j’entends, je lis ou je vois des choses qui m’énerve. Aujourd’hui, c’est à propos d’un thème récurrent qui apparait dans des blogs ou des revues : le focus-breathing.

 

Si cela ne vous dit rien, rassurez-vous, vous n’êtes pas le seul. Ce qui m’a paru intriguant, c’est que ceux qui en parlaient, l’utilisaient comme si tout le monde en connaissait la signification. Or, jusqu’à présent, ce n’était pas le cas pour moi. En creusant, il est apparu que cette expression recouvrait manifestement deux phénomènes assez différents.

Dans cet article, nous abordons le premier aspect. Il s’agit d’un petit phénomène que l’on ressent tous mais qui ne nous a guère préoccupés jusqu’à maintenant. Mais, puisque désormais vous savez qu’il existe, il s’agit de savoir s’il représente un vrai problème pour vous, photographe ?

 

 

 

Le focus-breathing et la photographie

Il faut savoir que ce phénomène est lié à l’Auto-Focus. Avez-vous déjà assisté à de légers changements dans la longueur focale, comme si l’image s’agrandissait ou se rapetissait légèrement, avec une sorte d’effet de « pompage », quand la mise au point est en train de s’effectuer ?

Si la réponse est négative, c’est que vous n’y avez pas apporté d’attention particulière. Si la réponse est positive, alors vous vous êtes rendu compte du phénomène, sans lui donner un nom. Maintenant, vous pouvez, il s’agit du focus breathing. En français, on pourrait traduire par « la respiration du focus« . Poétique, non ?

Dans la pratique, qu’on utilise un zoom ou une focale fixe, ce phénomène existe. Les zooms ne sont d’ailleurs pas plus affectés en proportion que les focales fixes. On ne peut pas s’en affranchir en utilisant ces derniers. Par contre, suivant les objectifs, il est plus ou moins important. Cela vient, sans doute, du moteur utilisé et du poids des lentilles servant à la mise au point. Il est vraisemblable que le léger changement intervenu, modifie la focale réelle. Par exemple, au lieu d’être à 50mm, on a une focale réelle de 51 ou de 48mm.

En photo, il existe au moins un domaine où il peut y avoir une incidence : lorsque on utilise la technique du « focus stacking » qui consiste à décaler la mise au point. Si l’on prend (et c’est courant en macro) une trentaine de photos en décalant très légèrement la MAP entre les images, l’incidence résultante peut ne pas être négligeable. Il faudra alors que la technique d’assemblage (le logiciel qui le fait) prenne en compte ce décalage.

Sauf si vous êtes à la recherche d’une précision absolue, le focus breathing n’est pas susceptible d’affecter la façon dont vous prenez vos photos. Vous pouvez donc très bien continuer à photographier comme d’habitude. Par contre, vous aurez l’explication quand on vous demandera pourquoi la longueur focale d’un objectif semble changer comme on fait la mise au point.

 

 

 

Le focus-breathing et la vidéo

Autant en photo cette « respiration » n’est pas un problème, autant en vidéo cela peut en représenter un. Lors de la mise au point, un changement de longueur de focale se révélera gênant. Cela se traduira par ce léger « zoom motion », qui fait que l’image change légèrement. Cet effet n’étant que peu aimé par les réalisateurs, les constructeurs se sont mis à sortir des objectifs dédiés à la vidéo. Qui coûtent souvent plus cher.

La qualité de fabrication ainsi que le cahier des charges sont nettement plus élevés. Les optiques se montrent donc nettement plus précises afin d’éviter tout effet de « respiration ».

 

 

 

A noter

Le même nom est très souvent utilisé pour évoquer un autre problème, nettement plus grave. Il s’agit de celui lié aux objectifs qui cadrent différemment selon l’endroit où s’effectue la mise au point (minimale ou à l’infini). Ce qui fait qu’un 70-200, par exemple, ne cadre pas de la même façon selon que la mise au point s’effectue à distance minimal ou à l’infini. C’est dans ce cadre que l’expression Focus-Breathing est le plus souvent utilisé. L’utilisation du même nom pour évoquer des phénomènes différents, vient peut-être que dans les deux cas, il y a une modification de la focale réelle. Mais ce n’est qu’une interprétation.

 

A suivre.