La photo est une passion qui a un coût. De combien ? Difficile de répondre à cette question qui revient souvent. Parce qu’il existe de nombreux paramètres qui influencent la réponse. Sans compter que la situation sera différente selon qu’on soit professionnel, simple utilisateur du dimanche ou passionné.

 

Mouette porquerollaise – K1 mk II & DFA 150-450

 

Les besoins d’un professionnel sont très spécifiques. Pour lui, le matériel est son outil de travail. Et toutes les dépenses qu’il fera seront nécessairement liées à celui-ci. Ses achats devront donc répondre à ses besoins professionnels.

L’utilisateur du « dimanche » est un autre cas. La plupart du temps, un simple smartphone suffira, avec lequel il fera ses souvenirs de vacances ou de vie. Dans le meilleur des cas, certains de ces utilisateurs investiront dans un reflex d’entrée de gamme (ou un bridge) avec un gros zoom capable de répondre à tous leurs besoins. Cet APN restera au mieux dans le mode Auto, voire les modes spécifiques. Et cela conviendra parfaitement.

 

L’aspect photographique

Les paramètres d’achat

Ils sont nombreux et ne seront pas tous évoqués ici. Seuls quelques uns seront abordés.

  • Le type d’appareil photo qu’on souhaite acquérir. Il existe plusieurs types d’appareils photo, chacun se différenciant par ses caractéristiques. On parlera souvent de segments. Les plus connus sont l’entrée de gamme, le boîtier APS-C amateur, le boîtier APS-C expert, le full frame expert et le full frame pro. Si Pentax a sacrifié l’entrée de gamme pour des raisons financières, la marque est présente sur les segments APS-C amateur (K-70), APS-C expert (KP et K-3II) et full frame expert (K-1 ou K-1 II).
  • Les types de photos que l’on souhaite pratiquer. Certains disent qu’il existe autant de pratiques photo que de photographes. D’une certaine manière, ce n’est pas faux. Ce qui est sûr, c’est que les objectifs ne seront pas les mêmes pour le portrait et la chasse animalière.
  • Et évidemment le budget ! Tout le monde ne dispose pas d’un budget extensible. Il est donc nécessaire de faire des choix, ce qui va impacter les achats.

 

Existe-t-il un profil type ?

Il est très compliqué d’établir un vrai profil type de matériels, qui pourrait servir de base. Pour plusieurs raisons :

  • L’achat du matériel se fait sur la durée. Il est rare qu’on soit en mesure de tout acheter d’un coup.
  • Il existe plusieurs types de photographes.

Et puis, presque tout le monde commence plus ou moins de la même façon. C’est-à-dire en achetant un boîtier d’entrée de gamme et un objectif à forte amplitude. Par la suite, quand on se rend compte des limites, on achète un boîtier plus performant ou des objectifs de plus grande qualité. Sans compter les accessoires comme la télécommande, le trépied, les filtres, les batteries et autres cartes mémoires.

Ceci dit, il faut savoir que si disposer d’un bon boitier est important, avoir de bons, voir de très bons objectifs l’est encore plus. Parce que c’est l’objectif qui va apporter l’image au capteur et que plus l’objectif est bon, meilleur sera le rendu capteur. Donc, il conviendra toujours de privilégier les objectifs au boitier. Il vaut mieux investir 1500€ dans des objectifs que dans le boitier.

 

GP F1 Castellet 2018 – K1 mk II & DFA 150-450

 

Dernier point. Un photographe sera toujours insatisfait. Il ne se sentira jamais totalement équipé. Toujours il lui manquera quelque chose, quelle que soit la quantité de matériels dont il disposera. C’est mon cas. Malgré tout ce dont je dispose, j’ai l’impression d’avoir encore des manques. Et si un ou deux sont « réels », tout le reste n’est un manque que dans mon imagination. Ce que j’ai pouvant largement me suffire.

Compliqué ne veut pas dire impossible. En écartant de l’équation le photographe du dimanche qui se contente d’un kit reflex, définir un équipement de base devient possible.

 

Un matériel type en juin 2018

Pour définir cet équipement de base, je me suis basé sur mon expérience. Le boîtier reflex retenu est le K-70, un très bon boîtier de milieu de gamme, auquel ont été ajoutés 3 objectifs, afin de couvrir une gamme étendue de besoins. Les objectifs choisis ne sont peut-être pas les meilleurs, mais ils ont un rapport qualité-prix excellent.

 

Investissement initial, sans tarif
  • Boitier K-70 en version nu
  • Objectif Pentax DA 16-85
  • Sac à dos
  • 2x cartes SD 32 Go (Sandisk)
  • 1 batterie supplémentaire

Cette liste n’est pas exagérée. Il n’y a rien de superflu, sauf éventuellement le sac photo. Les accessoires comme le trépied, les filtres, kits de nettoyage et autres porte-cartes sont volontairement absents. Ce matériel va permettre au passionné de démarrer tranquillement.

 

Investissement complémentaire, sans tarif
  • Objectif Pentax DA 35/2.4
  • Objectif Pentax DA 55-300 ou Objectif Pentax DFA 100/2.8 macro

 

Côté choix, quelques explications
  • Le Pentax K-70 est un boîtier de milieu de gamme. Mais pour un prix raisonnable, il offre l’écran orientable, la double molette et la tropicalisation. Sans compter une montée en ISO assez importante puisque l’on atteint les 204800 (en pratique, il conviendra de ne pas dépasser la barrière des 12800 ISO sous peine de fortes dégradations de l’image).

 

 

  • Le choix de l’objectif DA 16-85/3.5-5.6 (eq. champ visuel à un 24-130 sur un FF) s’explique par le fait qu’il s’agisse du meilleur zoom grand public, capable de produire de très belles images malgré son ouverture glissante. Avec un prix raisonnable, donc parfait pour bien débuter. Il sera toujours temps de voir autrement par la suite.
  • Le Pentax DA 35/2.4 a comme surnom « Plastic Wonder » parce qu’il est entièrement fait en polycarbonate, y compris les lentilles. C’est le prix à payer pour un prix mini. Surtout quand on sait que la qualité de l’image obtenue n’a pas été sacrifiée. Bien qu’il existe en version 50mm, c’est la version 35mm qui a été choisie, car son champ visuel en APS-C est un peu plus polyvalent. En effet, il se comportera comme le ferait un 53mm sur un FF, donc aussi bien apte à des portraits, du studio ou encore de l’extérieur, dans la rue. Le 50mm offre, sur un APS-C, un champ visuel équivalent à un 76mm (sur un FF), ce qui réduit son utilisation.
  • L’objectif Pentax 55-300 a été choisi pour son range. Ce qui permettra aux adeptes des photos de faire ce type de photo. Pour les amateurs de macro, il pourra être remplacé pas le DFA 100/2.8 macro.
  •  Les cartes SD et et la batterie supplémentaire sont indispensables et doivent être de qualité, sans être forcément être dans le top de ce qui est proposé. 2 cartes, parce qu’on a toujours tendance à remplir plus que l’on ne pense (en 2 semaines, j’ai rempli presque 5 cartes de 64Go – certes, chaque RAW du K-1 mk II pèse 50 mo environ, ce qui explique). Et une batterie supplémentaire, parce que tomber en rade de batterie au mauvais moment est plus fréquent que l’on imagine.

 

Combien cela coûte ?

La facture s’élève, hors promotion ou occasion, à la modique somme de 2034 € avec le DA 55-300 ou à 2234 € avec le DFA 100 Macro.

Voici le détail pour chaque article de la liste :

Les prix indiqués sont les tarifs officiels, hors promotion. Il est souvent possible d’abaisser la facture de quelques dizaines d’euros en achetant d’occasion les objectifs, en rognant sur le sac ou la batterie (achat d’une NoName par exemple)… ou en profitant des promos régulières faites par Pentax. À vous de chercher et de discuter (si c’est possible). Coté accessoire si sac, cartes SD et batterie supplémentaires sont indispensables.

Le lien associé est un lien affilié vers Amazon (en cas d’achat de votre part par ce biais, je toucherais alors un petit pourcentage servant à payer l’hébergement).

Une facture totale de 2034 € pour autant de matériel n’est pas énorme. Tout est relatif évidemment. Cela représente environ 1,8 fois le SMIC mensuel. Il faut pouvoir en disposer. Evidemment, si on se contente que du 16-85 au départ, la facture s’allège de presque 600 €.

Si on compare avec les principales marques concurrentes, chez Canon, le ticket d’entrée équivalent est de 2580 €, tandis que chez Nikon c’est 1800 € mais le boîtier n’est pas tropicalisé).

 

L’évolution du parc optique

Si le ticket d’entrée reste raisonnable, c’est par la suite que les choses se gâtent. S’il est tout à fait possible de s’en contenter, le passionné qui veut aller plus loin va se rendre compte qu’il est limité par la qualité des optiques. Il va donc chercher à acquérir de nouveaux ‘cailloux’, plus en adéquation avec ce qu’il recherche. C’est souvent au même moment que les pratiques photographiques vont se révéler.

La phase suivante va consister à remplacer les optiques par de nouvelles.

Quelques exemples de pratiques photo :

  • paysage : de préférence, il vaut mieux privilégier le DA 15, une excellente focale fixe. Sinon, on peut penser au DA 12-24/4 ou au futur DA* 11-18/2.8
  • macro : objectifs macro type DA 50 macro et/ou DFA 100 macro
  • street / portrait : Les objectifs fixes DA 21, FA 31, DA* 55, DA 70 et FA 77 sont à privilégiez. Et si vous souhaitez un zoom, le DA* 50-135 est un bon compromis.

 

Vue sur Marseille – K1 mk II & FA 31

 

Il existe d’autres possibilités d’objectifs que ceux siglés Pentax. Sigma, Tamron, Samyang, Irix et Laowa (Venus Optics) sont les principaux pourvoyeurs d’objectifs en monture K. Attention néanmoins, si de nombreux objectifs s’avèrent très bons, voire excellents, la plupart ne connaissent pas l’autofocus. La mise au point sera donc toujours manuelle. Ce qui pour certains, peut s’avérer un handicap.

 

 

Changement de boîtier

Pour l’instant, le boîtier est resté le même. Mais viendra le jour où le dernier qui vient de sortir vous fera de l’œil. Soit parce qu’il est plus performant tout en restant dans le même segment, soit parce qu’il offre des possibilités plus grandes et le segment change (boîtier expert).

Tout va bien tant que l’on reste avec des boîtiers de type APS-C. Il arrivera peut-être le moment où un boîtier Full Frame vous fera de l’œil. Et là, ce sera la catastrophe.

Au rayon des bonnes nouvelles, tous les objectifs K fonctionneront avec ce nouveau boîtier FF.

Au rayon des mauvaises nouvelles, la majorité des objectifs DA offriront un cadre noir avec l’image dans un cercle au milieu. Parce que le cercle optique de l’objectif est inférieur à la dimension du capteur. Il ne faut pas oublier que chez Pentax, les objectifs siglés DA sont destinés aux capteurs APS-C tandis les objectifs FA et DFA sont destinés aux capteurs FF et APS-C (qui peut le plus peut le moins). Il existe quelques objectifs DA qui ne posent pas de problème sur un FF.

Cela voudra dire que le passionné n’a pas été assez prévoyant dans sa démarche d’achat. En cas de questionnement sur passage futur au FF et qu’il souhaite acheter un DA 70, alors il doit se demander si le FA 77 n’est pas plutôt préférable.

On se rend donc compte que la facture peut s’élever très vite. Au grand dam du portefeuille. Surtout que les accessoires vont aussi montrer le bout de leur museau. Entre les filtres aux différents diamètres, les sacs à dos (un seul ne suffisant pas puisque les sorties seront à géométrie variable) et autres porte-cartes, monopode, système de fixation… le passionné ne saura plus où donner de la tête !

 

L’aspect informatique

L’aspect informatique est trop souvent oublié ou zappé, sous le prétexte que l’on a déjà un ordinateur. Mais voilà, il y a un coût caché non négligeable. A commencer par un second disque dur afin de sauvegarder (c’est-à-dire disposer d’une copie des fichiers) les photos existantes et à venir (DD 2TO : 80 €). Ce qui sous-entend que l’on possède déjà un DD où se trouvent les données !

Il y a un autre aspect trop souvent ignoré et qui concerne l’écran. Dès qu’on souhaite effectuer un Post-Traitement intéressant et correct, il faut investir dans un bon écran. Sans aller dans des délires à 2500 ou 4000 €, on peut trouver des écrans corrects pour un budget allant de 300 à 400 €. Et si on ajoute une sonde de calibration, c’est 150 € de plus sur la facture.

On est parti également sur l’hypothèse que vous possédez déjà un ordinateur. Mais s’il est déjà ancien ou trop peu puissant, des lenteurs sont à prévoir. Et pour y remédier, il faudra le faire évoluer (en remplaçant des éléments ou en le changeant complètement). Processeur puissant, mémoire abondante, SSD et carte graphique récente feront grimper encore la facture de quelques centaines d’euros.

Et puis, il y a le logiciel de Post-Traitement ! Écartons d’emblée la facilité du piratage, absolument pas recommandée. Il faut compter au moins une centaine d’euros pour un logiciel du commerce (Lightroom, DxO, Capture One, ACDSee Pro par exemple). Parfois, certains éditeurs offrent gratuitement une version ancienne (DxO par exemple – à suivre sur le Net). Il existe aussi des alternatives dans le monde libre et gratuit (Darktable ou Rawtherapee par exemple). À vous de voir si cela vous convient.

On le voit bien, le budget minimum coté informatique sera de l’ordre de 1500 €.

 

Le coût de la passion

Comme vous l’avez compris, estimer cette passion est compliqué. Quand on commence à y mettre un doigt et qu’on y trouve du plaisir, l’inflation guette. Même si on est en mesure de se contenter de peu. Même si c’est le photographe qui fait la photo et pas le couple appareil + objectif, il faut reconnaître qu’un matériel correct offrira plus de possibilités qu’un appareil bas de gamme voire qu’un smartphone.

Lors de la rédaction de cet article, j’ai estimé la valeur de mon matériel actuel, hors aspect informatique. Le résultat m’a fait peur. Certes, tout n’a pas été déboursé en une fois. Les achats ont été effectué au fil du temps et donc lissés sur plusieurs mois, voire années. Néanmoins, il est important.

 

On peut donc dire que la photographie est une passion qui peut coûter très cher. Comme toute passion bien souvent !

 

Crédit photo : © fyve