[Prise en main] Nikon Df

J’ai eu la chance, courant septembre, de pouvoir tester le Nikon Df, un plein format de chez Nikon. On peut aujourd’hui constater que Nikon croit au full frame puisqu’il n’existe désormais pas moins de 5 boîtiers dans ce format : le D610, le D750, le D810, le D4s et cet ovni, le Df.

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Nikon Df, un look rétro

 

Esthétiquement, il ressemble un peu à un boîtier des années 70 (comme le Nikon F dont il est un peu inspiré), avec plein de molettes pour décider de la vitesse, des iso, des IL… avec un petit relief de poignée à droite. On est très loin du design des reflex actuels, où les commandes paraissent plus accessibles. Cela se ressent directement dans la façon de prendre des photos. Changer la vitesse et les iso à la volée, c’est compliqué, surtout quand on est plus habitué à ce mode de fonctionnement.

J’avais, pour ce test, à disposition une seule optique, une focale fixe Nikkor 50 f1,8. Un joli petit caillou qui, comme toute focale fixe, nécessite de travailler plus son cadrage. J’ai travaillé en RAW et non en JPEG, comme à mon habitude. Le résultat obtenu est donc mon interprétation et non celui du boîtier.

Côté résultat, j’en suis très content avec des résultats propres sans trop de temps passé en développement (moins de 10 s).

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On sent que l’électronique et le capteur suivent sans aucun problème. Normal quand on sait qu’il s’agit essentiellement d’un D4 recarossé sous cette forme. La principale différence se situant côté AF, avec un peu moins de collimateurs et de réactivité. Mais à côté de certains boîtiers, c’est un monstre !

Je n’aime pas tester dans l’urgence. Il me faut toujours un peu de temps pour apprivoiser un nouvel appareil. Comprendre comment il fonctionne certes, mais surtout voir comment moi je vais l’avoir en main, le sentir, le ressentir. Le tout en ayant le moins possible d’a priori au départ.

Après une première sortie pour l’avoir en main (avec au final juste une photo sur la carte), j’en ai fait une seconde autour de Notre-Dame. Et une troisième du côté de Meschers sur Gironde. En trois sorties, il y a eu à peine 120 clichés, soit au minimum 3 fois moins que ce que je ferais d’habitude. Il y a donc eu quelque chose qui a modifié mon comportement.

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En découvrant les images, ce n’était pas la qualité qui m’avait freiné. Elles sont belles, propres. Impressionnantes même sans développement. Non, c’est l’ergonomie qui me rebute. Ce boîtier ne correspond plus à ma façon de shooter d’aujourd’hui. Je suis habitué à avoir tout sous la main droite, changeant les iso, la vitesse ou l’ouverture sans regarder le boîtier, à la volée.

Or avec ce boîtier, pas question de prendre des photos ainsi. Son ergonomie ne permet pas cette façon de procéder, à moins d’un grand entraînement. Il nécessite une réflexion avant chaque photo, afin d’avoir le temps de regarder ce que l’on va modifier dans les réglages. Résultat, on retrouve un peu les sensations d’un boîtier argentique. À l’époque, un film permettant un nombre de prises de vues limité, on prenait notre temps pour cadrer et trouver les bons réglages. Avec le DF, les molettes étant complexes à modifier (il faut regarder, vérifier les choix effectués), on aura ces temps de pose entre deux prises de vues.

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Ce Df est donc fait pour prendre du plaisir en photographiant. Le temps pour réfléchir, pour se poser la question de ce que l’on va prendre, et comment. Si vous êtes dans cette philosophie, aucun problème, ce boîtier est fait pour vous. Sinon, passez votre chemin, il existe d’autres plein format (pas chez Pentax, hélas – peut-être qu’un jour…) qui vous régaleront.

 

© fyve pour les photos (août-sept 2014) – merci à RV

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