Cet article s’adresse principalement à ceux qui n’ont pas d’autres objectifs que celui acheté avec le boitier.
 
 

l’objectif qui fait tout, un mythe à éviter

Le Saint-Graal du débutant… Un objectif qui va du grand angle au zoom surpuissant, le tout en ouverture fixe la meilleure possible. Bref, l’objectif qui permet de tout prendre en photo, du paysage au petit détail en haut de la tour Eiffel tout en faisant du portrait, le tout avec une très grande qualité.

Sauf que cela n’existe pas, sauf dans les rêves. Un objectif est toujours un compromis entre amplitude, ouverture et poids. Un zoom 18-600 en f2,8, s’il existait, pèserait quelques kilos (!).

La première idée reçue à mettre à la porte, est l’objectif qui fait tout, ce polyvalent tant vanté. Moi aussi je suis passé par cette étape, ne jurant que par mon 18-250… Le jour où j’ai investi dans un 18-50 f/2.8, je n’ai pu que constater le changement important en terme de qualité. C’était un gouffre.

 

 

 

ne pas écouter le marketing publicitaire

Avec l’achat d’un réflex, le débutant est souvent la victime du marketing et de sa maigre connaissance en matière de photographie. Résultat, on achète un boitier parfois trop cher, trop riche pour son usage réel, délaissant complètement les objectifs, se contentant la plupart du temps de ce qui est fourni.

Or, la grande majorité des objectifs d’un kit ne sont pas de grande qualité. Sans être médiocre, ils sont limités. Souvent il s’agit d’un 18-55 et d’un 50-200 en f/3.5-5.6. Donc très rapidement peu lumineux dès qu’on augmente le range.

Pour un zoom, quand on indique un range glissant, cela veut dire que plus on avance dans le range, plus l’ouverture va en diminuant.

Dans le cadre d’un zoom 18-50 ouvrant de f/3.5 à 5.6, cela veut dire qu’à 18mm, son ouverture minimal sera f/3.5 mais qu’à 55mm, la même ouverture minimale sera f/5.6. Et on se rend compte que l’ouverture minimal f/5.6 est atteinte dès qu’on dépasse les 35mm. Pas fameux.

C’est bien dans ce domaine que le débutant va devoir faire un effort financier non négligeable. Si pour apprendre les règles de base, on peut s’en contenter, très rapidement il faudra aller au delà pour progresser.

 

 

 

d’accord, mais on prend quoi, alors ?

Vous êtes un nouvel arrivant dans le monde du réflex (ou hybride) ? Voici ce que je vous propose de faire.

Dans les premières semaines, contentez vous du kit fourni par le constructeur. Utilisez le, prenez toutes les photos que vous avez envie de faire. Ne lésinez pas. Et puis avec l’aide de votre catalogueur d’image, tentez de déterminer les plages les plus fréquentes d’utilisation. Cela vous permettra de connaitre ce que vous utilisez le plus, et donc d’acheter un ou plusieurs objectifs de qualité en fonction de votre usage réel.

Voici 4 exemples de répartition sur 1000 photos prises avec un 18-200.

* exemple 1 :

  • 500 photos entre 30 et 42mm –> achat d’une focale fixe, un bon « vieux » 35mm (avec une ouverture compris entre f/1.4 et f/2.4)
  • 200 photos entre 70 et 90mm –> achat d’une focale fixe, un 77 ou un 85, un 90 voir un 100 (avec une ouverture compris entre f/1.4 et f/2.8)
  • 300 photos entre 150 et 200mm –> un zoom 70-200 pourrait faire l’affaire (f/2.8 ou f/4)

 

* exemple 2 :

  • 600 photos entre 18 et 40 –> achat d’un zoom 18-35 (comme le Sigma en f/1.8) ou, plus polyvalent, un (16 ou  17 ou) 18-50 f/2.8.
  • 400 photos entre 60 et 200 –> achat d’un zoom 70-200 (f/2.8 ou f/4)

 

* exemple 3 :

  • 300 photos à 18, mais vous vous sentez à l’étroit –> zoom grand angle 10-20 ou 12-24
  • 500 photos entre 30 et 90 –> un petit zoom 24-70 f/2.8 ou 24-105 f/4
  • 200 photos aux alentours de 150 –> une focale fixe de 150 ou proche fera l’affaire

 

exemple 4 :

  •  300 photos entre 20 et 40 –> un petit zoom 18-50 f/2.8
  • 700 photos entre 180 et 200,  mais vous vous sentez à l’étroit –> réfléchissez à un zoom 120-300 (ou plus si l’animalier vous plait), voir une ou deux focales fixe (un 180 et un 300 par exemple)

 

Les possibilités sont nombreuses. Le panachage entre zoom à faible amplitude (on utilisera souvent le terme range) et focale fixe aussi. Il ne faut pas être bloqué sur le tout « zoom » ou le tout « focale fixe ». Certes, la qualité sera meilleure avec une focale fixe, mais on y perdra en changement de range. Et certains petits zooms sont de très bonne qualité.

Si vous faites beaucoup de portrait, une focale fixe va rapidement s’imposer.

 

 

 

f/1.4, f/1;8, f/2.8, f/4 ? que choisir ?

Souvent, plus l’ouverture est grande (cela se traduit par un chiffre tendant vers 0), plus le poids de l’objectif sera important. Cette corrélation est surtout vrai pour les zooms, moins pour les focales fixes. En contrepartie, vous aurez une luminosité en augmentation, ce qui peut être important si vous faites beaucoup de photos en intérieur.

En zoom, f/2.8 (voire f/4) c’est très bien. Le compromis est sympa, avec un petit range et une bonne  luminosité. On peut même s’autoriser des petits effets de bokeh (le flou d’arrière plan), y compris en f/5:.6.

En focale fixe, une grande ouverture sera préférable. Qui peut le plus, peut le moins.

 

 

 

encore un point à savoir

Un objectif de qualité et lumineux impacte la visée et l’autofocus. Car il ne faut pas oublier que la visée (et donc la mise au point) se fait au travers de l’objectif. Plus celui-ci sera bon, meilleur selon la réactivité du boitier.

A un détail près. Si vous avez un objectif avec une ouverture de 1.2, les collimateurs réagiront de la même façon que si l’ouverture était à 2.8 ! Les collimateurs ont une sensibilité à la lumière « assez faible » puisque les meilleurs d’entre eux (généralement les 3 centraux à la verticale) sont sensibles à 2.8, tandis que les autres sont à 3.5, 4 ou 5.6…

 

Le boitier ne fait pas tout. Il mérite d’être bien accompagné.

 

A vous maintenant de jouer.