Sebastiao Salgado, photographe de légende passé chez Sygma, Gamma ou Magnum est aussi un fervent défenseur de la planète. Il a passé une grande partie de sa vie à tenter de la préserver, soit au travers des photos, soit au travers son entreprise de reconstruction de foret au Brésil.

Après des années à utiliser des appareils argentiques (longtemps avec un Pentax 645 Moyen Format et des films Kodak), il a fini par utilisé des appareils numériques à partir des années 2000, lassé de voir ses pellicules voilées à force de passer sous les portiques d’aéroports. Un passage, ça va, plusieurs et adieu les clichés.

Mais s’il a migré, son process de travail est original, mêlant le numérique pour la prise de vue et le tirage (Pentax 645D et Canon 5D mkII) et l’argentique. Les fichiers numériques sont tirés sous forme de planche contact afin qu’il puisse indiquer ses choix de développement et les photos à sortir sur papier. Par écrit, il annote les photos et les changements à apporter. Ce sont des tireurs de confiance qui vont ensuite réaliser le travail de post-traitement sur ordinateur (avec le logiciel DXO FilmPack afin de retrouver le grain des pellicules Kodak) et réaliser les tirages argentiques (à partir d’un internégatif).

 

La première fois que j’ai « rencontré » Sebastiao Salgado, c’était en 1987. J’avais alors pu voir son livre consacré à l’homme du sahel. Une claque visuel pour l’adolescent que j’étais. Non seulement cette personne a le don, l’oeil, pour prendre la photo, mais surtout chacune d’entre elles est un vrai cri d’où dégage une énergie pure.

Photos de Salgado

Photos de Salgado

 

Les années passant, j’ai pu continuer à voir quelques photos de lui. Jusqu’à cette fantastique exposition, Genesis, consacré à mère Nature. 245 photos pour autant d’émotions ou presque. À quelques rares exceptions près, j’ai été scotché, restant parfois des minutes devant certaines photos.

Photo de Salgado

Photo de Salgado

Chacune d’entre elles est vivante. Que ce soit cette femme africaine s’étirant, ou cette adolescente amazonienne respectant les traditions. Que ce soit les pingouins jouant sur la glace, les queues de baleine ou les milliers d’yeux de caïmans… À chaque vue, c’est la vie que l’on observe. Il n’y a pas vraiment de façon pour décrire cette exposition. On en sort remué.

Tout est à des années-lumière du cliché « life » ou du reportage. Le travail en noir et blanc de Salgado est fantastique.

Si vous êtes sur Paris ou à proximité d’une ville ou passe cette exposition, allez la voir. Si vous devez faire qu’une exposition dans l’année ou dans votre vie, que ce soit celle-ci.

 

Moi, si vous me cherchez, je serais face à cette photo si fascinante…

Photo de Salgado

Photo de Salgado

(toutes mes excuses pour les reflets qui gâchent un peu les photos de l’expo)