Sauvegarde et conservation des photos

Avez vous déjà perdu des photos (ou toute autre donnée numérique) sans espoir de les retrouver ? L’auteur de ces lignes, lui, a déjà expérimenté la chose, une fois. C’était en 2001, le disque dur interne de l’ordinateur s’est crashé et il a été impossible de récupérer quoique ce soit depuis le disque. À force de chercher, 30 % des données ont pu être reconstituées au final. Des photos ont été définitivement perdues. Parce que je ne disposais d’aucune sauvegarde. Ce jour-là, je suis devenu parano.

Quelques années plus tard, en déplacement à Vichy, mon ordinateur a été effacé suite à une erreur de débutant. Fort heureusement, tout était sauvegardé… à Paris. Mais grâce à une liaison internet (merci mon hôte !), 3h plus tard j’avais pu rapatrier de quoi reprendre une vie numérique à minima. Quelques jours plus tard, de retour à mon domicile, tout a été remis en état, sans aucune perte.

Pourquoi sauvegarder ses données numériques ?

Pour éviter de les voir disparaître. Les risques de perdre ses données, ses photos, sont réels, il ne faut pas se voiler la face. Sans être alarmiste, trois risques majeurs sont susceptibles de se produire.

Tout d’abord, il y a un risque lié au support physique en lui-même. Les disques durs ne sont pas immortels. Les têtes de lecture/écriture peuvent endommager facilement les supports physiques. Un composant électronique (comme le contrôler de disque) peut cesser de fonctionner. Entre les conditions climatiques (fortes chaleurs par exemple), les surtensions électriques ou des crashs non explicables, il existe de nombreux facteurs pouvant déclencher un incident.

Certes, il existe des sociétés qui se font fort de récupérer tout ou partie des données. Mais le coût est non négligeable (souvent au-dessus des 1000 €) et le succès n’est pas garanti.

La deuxième catégorie de risque est celle liée au lieu de stockage. Tous ces évènements qui n’arrivent qu’aux autres et jamais à nous (vol, incendie, inondation, etc.). Sans chercher à faire peur, il y a eu un incendie domestique toutes les 2 minutes en 2014 sur le territoire métropolitain, soit 263 000 ! Et un sur 4 a été déclenché par un accident électrique. De quoi faire réfléchir.

Le troisième risque, c’est nous. Une erreur, on déplace un dossier à la poubelle, on supprime et c’est fini. Simple, rapide et efficace, l’être humain est très doué, soyez-en persuadé !

Il ne s’agit pas ici de vous faire peur. En fait, la question est la suivante : la perte de vos données numériques (les photos certes, mais aussi vos correspondances, vos déclarations d’assurance ou d’impôt, votre musique…) vous mettra-t-elle dans une situation compliquée ou pas. Si cela n’a pas d’importance, cet article n’est pas pour vous. Mais si la réponse peut être positive, alors nous allons vous proposer des solutions de stockage et de sauvegarde pérenne.

Et des solutions, il n’y en a pas 36000. Non, dans l’absolu, il y en a que deux qui seront déclinés sur différents modèles :

  • Doublonner les données. Il s’agit ici de copier les données sur au moins deux supports de stockage différents. L’opération peut sembler pénible, mais il existe des moyens permettant de simplifier et d’automatiser la copie et l’archivage.
  • Déporter les données. L’idée de mettre le second support de stockage dans un endroit différent, ce qui diminue les risques en cas de problème avec le lieu où se trouve votre ordinateur.

La sauvegarde des données afin de les conserver

La meilleure solution pour pérenniser ses données est de multiplier les sauvegardes, que ce soit chez soi ou à l’extérieur. C’est ainsi que vous pourrez récupérer vos données en cas de perte. Les supports sont multiples. Néanmoins, certains peuvent être mis de côté, soit pour capacité insuffisante, soit parce que le tarif est excessif. Les solutions proposées sont donc des solutions à coût réduit. Du moins, autant que cela puisse l’être.

Les outils logiciels

Sur le Mac, en standard, il y a l’outil Time Machine. Cet outil est assez génial, car il permet une sauvegarde de votre disque dur et tout ce qu’il contient vers un autre disque dur (des exceptions sont possibles). Une fois la première sauvegarde effectuée, à chaque fois que ce DD (souvent externe) sera connecté, des sauvegardes incrémentales seront effectuées sur un rythme horaire. Cela veut dire que tout changement sera consigné (ajout, suppression, sauvegarde d’un fichier existant, déplacement, etc.). Cerise sur le gâteau, une interface graphique vous permet de naviguer dans le passé et rapatrier d’anciennes versions d’un fichier.

CCC, alias Copy Carbon Cloner, est un autre de ces outils fantastiques. Il est capable de cloner un DD sur un autre, mais aussi de copier une partie de disque sur un autre. Et si on conçoit correctement une tache, on peut lancer une sauvegarde partielle, durant laquelle il va comparer source / cible et procéder aux ajustements. Il s’agit d’un outil idéal quand on souhaite déporter des données ailleurs tout en conservant les « originaux » avec soi.

Les supports à oublier
CD, DVD, BluRay

Dans cette catégorie, il faut mettre les CD (650 à 700 Mo), DVD (4,5 à 8 Go) et autres disques BluRay (de 20 à 45 Go). Leur capacité est souvent insuffisante quand on connaît le poids des images (pour une photo prise avec un 24 Mpx, ce poids varie de 5 Mo à 140 Mo, selon qu’on soit en JPEG plus ou moins compressé, en RAW ou en TIFF). Il faudra donc multiplier les galettes afin de pouvoir sauvegarder. Quant au BluRay, certes on y met plus de données, mais le prix des disques vierges est assez excessif (20 € pour 6 disques de 25 Go).

Clé USB ou carte mémoire

Une clé USB de 64 Go, c’est 20 €, une de 128 c’est 40 €. Coté carte SD, c’est les mêmes prix pour les premiers prix. Un tarif qui est donc abordable, mais quid de la pérennité des données ? Il y a eu assez de cartes ou de clé qui refusent de fonctionner au bout d’un certain temps pour que de sérieux doutes existent. De plus, les capacités sont assez faibles si le stock de photos est important. Néanmoins, pour les autres types de données, cela peut être une alternative à envisager (si on multiplie les sauvegardes).

Les supports plus pérennes
Le SSD

Le Solid State Disk est rapide, sobre efficace… Solution de stockage parfaite pour le quotidien, quand on a besoin de réactivité. Ce qui n’est pas le cas pour du stockage qui peut se contenter de ce qui était encore hier la référence en termes de rapidité ! Si on ajoute le fait que, malgré la baisse des tarifs, le support reste encore très cher (1 To pour 350 €, soit 0,35 € le Go), le SSD n’est pas la meilleure solution. Sans compter qu’on n’a pas de certitudes concernant la conservation dans le temps.

Les disques durs

Oui, il a été écrit plus haut qu’un DD pouvait crasher et donc qu’on perdait les données. Mais, à ce jour, c’est le support qui offre le meilleur rapport qualité/prix en termes de sauvegarde. Un disque dur avec une capacité de 1 To s’achète pour une soixantaine d’euros (soit 0,06 € du Go), 2 To pour moins de 90 € (soit 0,045 € du Go) et 4 To pour 150 € (soit 0,038 € du Go).

Grande capacité et faible coût, tout pour plaire. Et si le disque tombe en panne, il suffira de le remplacer par un autre immédiatement.

Les disques durs de type RAID

Le RAID est un terme générique se rapportant à diverses techniques de répartition de données sur plusieurs disques.

Les plus connues de ces techniques sont le RAID 0 (on forme un seul disque logique avec 2 disques durs physiques), le RAID 1 (les données sont écrites simultanément sur 2 disques physiques) et le RAID 5 (répartition des données avec redondance sur au moins 3 disques physiques, ce qui permet de perdre un disque sans perte de données). Il existe d’autres RAID, mais l’intérêt pour un particulier est moindre.

En matière de sauvegarde, le RAID 0 est à proscrire. Il convient plutôt de privilégier les solutions RAID 1 ou RAID 5.

Un boîtier permettant du RAID 1 sans disque s’achète pour 70 €. Si on ajoute 2 disques de 2 To, on obtient une solution de sauvegarde confortable et elle-même sécurisée de 2 To pour environ 250 €.

Le cloud

Le Graal pour certains, un eldorado pour d’autres. Avec des prix et des conditions souvent hallucinantes, dans tous les sens du terme. Coté tarif, cela va du gratuit (ou presque) à du très cher. Avec comme avantage que vos données sont accessibles de partout en temps réel. Pratique, n’est pas ?

Vous n’avez presque rien à faire ou à acheter, c’est votre prestataire qui s’occupe de toute la partie technique. Il vous suffit d’un identifiant et d’un mot de passe pour que vous ayez accès à vos données. Vous pouvez dormir sur vos 2 oreilles, vos données ne sont plus stockées chez vous et si un disque dur crashe, c’est le prestataire qui s’occupe de le changer, de restaurer vos données au besoin, etc. Idem si la ferme physique crame, il y a redondance sur un autre endroit de la planète. Si on ajoute à cela que certaines solutions Cloud sont quasi-gratuites, c’est la sérénité qui vous attend, non ?

Mais il y a des mais. Tout n’est pas aussi simple.

En premier lieu, il vous faut du débit. Beaucoup de débit. Un fichier RAW d’un, c’est 35 Mo. En ADSL, pour l’envoyer, au mieux il faudra compter 3 mn. Pour le récupérer, ce sera plus rapide, de 15 à 40 s en moyenne. Vous avez combien de fichiers ?

En second lieu, il faut se graver dans l’esprit que le gratuit (ou le quasi gratuit), cela est impossible. Il faut arrêter de croire que des sociétés privées peuvent offrir des services qui ont un coût financier sans aucune contrepartie. Un disque dur, même acheté en quantité démentielle, représente de l’argent. Idem pour les ordinateurs qui permettent l’accès aux données, l’endroit physique (la ferme) où tout ce petit monde se trouve ou encore l’électricité nécessaire pour faire fonctionner le biniou. Si les prestataires ne font pas ou peu payer, c’est qu’il y a un autre mode de financement. Comme la pub. Cet aspect des choses fera l’objet d’un prochain article.

Une solution parmi d’autres

Alors, que faire ? Si la solution du Cloud est intéressante et doit être envisagée réellement, il existe des solutions alternatives pour des coûts corrects.

Une solution standard

Un boîtier permettant le RAID 1 et 3 disques durs de 2, 3 ou 4 To (suivant votre volume de données). Dans le boîtier, vous y mettez deux disques en RAID 1 (il convient de suivre les instructions fournies avec le boîtier pour mettre en place cette configuration). Ensuite, soit vous faites une sauvegarde de vos données (l’intégralité des données ou une partie), soit vous y transférez les données nécessitant d’être sécurisée. Ainsi, la perte d’un disque n’entraînera pas la perte des données.

Quant au troisième disque, vous faites une nouvelle copie de sauvegarde, et vous mettez le disque à l’abri chez un proche. Tant que ce n’est pas chez vous ou à proximité immédiate ! De cette manière, vous résolvez le second facteur de perte des données. Évidemment, de manière régulière il faudra mettre à jour cette sauvegarde. Mais si cela peut paraître contraignant, le bénéfice est important.

Cette sécurisation de vos données vous reviendra à moins de 350 €.

Une solution standard améliorée

En fait, c’est la même solution que celle précédemment citée. La différence concerne la sauvegarde distante. En effet, en y mettant un peu d’intelligence, il est possible rendre disponible sur le net votre disque de sauvegarde, via la connexion internet de votre proche chez qui le DD a été entreposé.

Un Raspberry Pi, avec quelques scripts (la fameuse intelligence) qui se déclenchent dans une tranche horaire où internet n’est pas sollicité, permettra de synchroniser votre disque RAID et le disque distant.

Le surcoût est d’environ 60 €.

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