Le test du Pentax D-FA 24-70 f/2.8 a été réalisé avec un boîtier full frame K-1 II

 

J’ai décidé de présenter ici les objectifs que je possède, ou que j’ai possédé dans un passé plus ou moins récent. Il s’agit de proposer un test technique et d’apporter un complément avec une pratique sur le terrain. Et, pour débuter cette série, autant commencer par mon objectif à tout faire depuis avril 2016, le Pentax HD D-FA 24-70mm F2.8 ED SDM WR. Pourquoi cet objectif ? Parce que, depuis que j’utilise le boitier full frame K-1 (puis le K-1 mk II), sa plage de focale allant de 24 à 70mm en a fait le compagnon idéal dans la plupart des sorties. Il permet aussi bien des photos au grand angle que de manière plus rapprochée, avec une ouverture à f/2.8 de manière constante. Seul regret, peut-être, l’absence d’un estampillage ★ (Star) qui en aurait fait un objectif de haut de gamme.

 

Quelques mots avant de se lancer

Quand ce Pentax HD D-FA 24-70mm F2.8 ED SDM WR a été présenté, il a connu immédiatement une grosse polémique malgré lui. En effet, il ressemble étrangement à un objectif de la marque Tamron, aussi bien extérieurement que sur le plan des caractéristiques techniques. Dès lors, la messe était dite par un certain nombre de penseurs mal attentionnés : il s’agissait d’un Tamron rebadgé, un vrai scandale qui signait la mort de Pentax.

D’une part, c’était oublié que ce n’était pas la première fois que la marque agissait de cette manière. Les DA ★ 16-50, DA★ 50-135 et DA 18-250 (puis 18-270), avaient déjà une origine étrangère. C’était en 2006. D’autre part, cette réponse n’est pas aussi tranchée. De manière incontestable, le D-FA 24-70 F/2.8 partage ses principales caractéristiques avec son homologue Tamron, comme la formule optique, le nombre de lentilles ainsi que le look and feel. Mais sur le plan de fabrication, il semble en différer sur de nombreux points :

  • Les verres ne sont pas ceux utilisés par Tamron pour son exemplaire. Ils sont d’origine HOYA haut de gamme et leur traitement de surface a été réalisé avec les spécifications des brevets Pentax (ce qui n’est pas le cas du Tamron). Rien que cet aspect rend caduc l’idée même d’un semble changement de nom.
  • L’électronique est quelque peu différente, intégrant des spécificités Pentax et en supprimant certaines d’origine Tamron.
  • Le moteur SDM serait quant à lui d’origine Ricoh.

Si on s’en tient à ces 3 changements, alors les 2 objectifs ne sont pas identiques bien qu’ils aient un ADN commun. On pourra toujours discourir sur cette façon de pratiquer, mais si l’objectif est de qualité et que le tarif reste raisonnable, pourquoi pas ? Surtout qu’il a permis à Pentax de proposer un objectif indispensable dès la sortie du K-1.

 

Présentation de l’objectif D-FA 24-70 f/2.8

Son poids, de presque 0,800 kg, ne le place pas dans la catégorie des poids-plume pour un zoom de ce range. Sa construction, à base de polycarbonate, semble très résistante. Néanmoins, à la prise en main, on peut être légèrement déçu si on compare au D-FA * 70-200/2.8. Mais cette déception s’estompe rapidement, car il est très agréable à utiliser.

L’objectif est de type WR (Weather Resistant), ce qui veut dire qu’il est doté de joints lui permettant de résister à l’eau, neige, sable  et autres intempéries. On pourra continuer à shooter sans réelles préoccupations.

La plage couverte par cet objectif va du 24 au 70 mm en FF. Si on l’utilise sur un APS-C, le champ visuel proposé sera donc supérieur, équivalent à un 36-107 mm. Son ouverture maximale est constante à f/2,8, avec une distance minimale de mise au point à 0,38 m.

Il est doté de la fonctionnalité Quick-Shift qui permet d’affiner la mise au point de manière manuelle après mémorisation de l’AF. Cette particularité est appréciable, car elle permet de retoucher la mise au point sans quitter le mode autofocus.

La motorisation est de type SDM, donc très silencieuse et rapide.

Pour les filtres (UV, Polarisant et autres ND), le diamètre est un joli 82 mm. Avec comme impact un alourdissement de la facture lors de l’achat de ces accessoires.

Au déballage de la boîte grise dotée du double nom Ricoh et Pentax, on trouve un sac de rangement et un pare-soleil en forme de pétale. Attention, ce pare-soleil n’est pas équipé de la traditionnelle trappe permettant la rotation d’un filtre polarisant ce qui est dommage, malgré la forme permettant une manipulation du filtre.

 

Principales caractéristiques techniques

Caractéristiques techniques

PENTAXHD PENTAX-D FA 24-70mm F2.8 ED SDM WRMonture Pentax KAF3
LentillesTraitement HD
Focale24 mm - 70 mm
Equivalent 35mm sur un APS-C37 mm - 107 mm
Angle de vueFF : 84°- 34.5° APS-C : 61°- 23°
Ouverture maximalef/2.88
Ouverture minimalef/22
Diaphragme9 lamelles
Lentilles17
Groupes12
Distance minimale de mise au point0,38 m
QuickShiftOui
MoteurSDM
Autres
Diamètre filtre82 mm
TropicaliséOui - WR
Poids0,787 gr
Dimensions88.5 mm x 109.5 mm
AccessoiresBouchons avant et arrière, Pare-soleil, Sac
Compatible FFObjectif D-FA conçu pour les FF

 

Prise en main

Sur le papier, l’ensemble K-1 (ou K-1 mk II) + 24-70 est lourd puisque cela représente pas moins de 1,8 kg à transporter, ce qui n’est pas négligeable. Si on utilise la courroie « tour du cou » livrée avec le boîtier, les cervicales ne devraient guère apprécier cet excès de poids, surtout en cas de longues sorties photo.

En pratique, le couple est très bien équilibré et le poids ne se ressent pas autant que l’on pouvait le craindre, du moins tant qu’on privilégie les solutions alternatives à la courroie de cou. À bout de main ou en utilisant une courroie d’épaule, il est possible de passer la journée en extérieur sans ressentir d’effets de fatigue. C’est sans doute le bon moment pour envisager ces autres solutions de portage.

Même si le polycarbonate fait un peu « cheap », la tenue en main est excellente. On notera que le loquet permettant de maintenir l’objectif en position fermée est positionné en haut, à droite. Ce positionnement, hérité de Tamron, est plutôt inhabituel, mais il permettra surtout d’éviter de le bloquer/débloquer par inadvertance. Un coup de main à prendre.

Autre caractéristique intéressante, le pas du filtre (là où se bloque le pare-soleil), est indépendant du bloc lentille. Cela a pour conséquence de rendre l’utilisation de filtres polarisants ou gradués beaucoup plus simple et rapide. Ceux-ci ne tourneront pas lors de l’utilisation du zoom et de la mise au point. Passer de 24 à 70 ne nécessitera donc pas une retouche du polarisant.

La bague du zoom est suffisamment large pour ne pas ressentir de gène lors des rotations (environ 70 ° de tour). Elle semble un peu dure au début, mais on s’y habitue rapidement et le mouvement de rotation s’effectue sans à-coup. Par contre, la bague de mise au point n’est franchement pas assez profonde. Avec ses 8 mm, les doigts, surtout s’ils sont un peu gros, ne sont pas à l’aise. Quelques millimètres de plus n’auraient pas été du luxe. Elle tourne « sans fin », il n’y a pas d’arrêt.

Les bagues sont réalisées dans une matière caoutchouteuse et sont dotées de petits picots assez agréables au toucher.

 

 

L’objectif est doté d’un indicateur de distance, allant de 0,38 m (distance minimale de mise au point) à l’infini.

À l’usage, le moteur SDM est silencieux. Bien que cela soit difficile à quantifier sans outillage dédié, il s’avère très rapide, sans doute l’un des plus rapides que j’ai pu utilisé en monture K. Combiné au K-1, la mise au point se montre ultra rapide et précise. Avec un K-1 mk II doté d’un AF revu et corrigé, on ressent une plus grande efficacité.

Il s’agit là d’un vrai bonheur, celui d’utiliser un objectif qui se fait si bien oublier, mais qui répond présent.

 

D’un point de vue technique

Rappel : Ne disposant pas de laboratoire de mesure électronique, il s’agit ici d’apporter un point de vue utilisateur et essentiellement photographique. Les commentaires et la note technique sont le fruit d’une analyse visuelle.

À noter que pour tout objectif, même le meilleur, il est toujours possible d’obtenir des imperfections visuelles (et plus particulièrement avec les AC), quelles que soient la focale et/ou l’ouverture.

Toutes les photos faites dans le cadre du test (24 mm, 50 mm, 70 mm et bokeh) ont été prises en RAW et n’ont pas été retouchées. 

 

Images à 24mm

f/2.8
f/5.6
f/8
f/11
f/22

Images à 50mm

f/2.8
f/5.6
f/8
f/11
f/22

Images à 70mm

f/2.8
f/5.6
f/8
f/11
f/22

 

Vignettage, aberrations chromatiques et flare

À f/2.8, le vignettage visible dans les coins, ceci sur toute la longueur du zoom. Certaines conditions, comme un ciel clair et lumineux, rend plus présent ce phénomène. Etrangement, il se remarquera plus facilement sur le coin haut-droit que sur les autres coins. Ce vignettage s’atténue un peu à f/4, avant de disparaître presque totalement à f/5.6. Ce vignettage est aussi plus faible au delà de 50mm.

Dans des conditions réelles d’utilisation, ce vignettage n’est pas gênant. Ce comportant n’étant pas reproductible sur un APS-C, on peut supposer qu’un dimensionnent trop juste de la surface des verres soit la source de ce problème.

Coté aberrations chromatiques, il y en a surtout pour les ouvertures comprises entre f/2.8 et f/4. Mais les circonstances vont fortement contribuer à leur présence ou absences. Au-delà de f/5.6, elles sont absentes. De plus, tout bon logiciel de PT en viendra à bout très rapidement. Il n’y a donc pas de véritable problème en la matière.

La résistance au flare semble très bonne mais il n’y a pas de miracle malgré tout ! Dans certaines conditions, le flare est présent et peut se montrer fortement disgracieux.

Un soleil de biais et le flare est présent, vers le bas à gauche

Un soleil de biais et le flare est présent, vers le bas à gauche

 

L’utilisation du pare-soleil reste malgré tout conseillée, que ce soit en extérieur comme en intérieur, de jour comme de nuit.

 

Distorsions

On note qu’à 24 mm, il y a une infime distorsion de l’image (à l’œil nu), qui s’estompe vers 30 mm, avant de disparaître à 35 mm. Il s’agit du même phénomène constaté en APS-C. Dans les faits, on ne peut qu’être surpris de cette quasi-absence de distorsion coussinet/barillet. Cela démontre une qualité de conception et de construction de haute volée.

 

Tous les rares petits défauts rencontrés sont négligeables. Vignettage, AC et distorsions peuvent être corrigés au travers des outils de logiciels de Post-Traitement RAW. A noter que si l’on effectue ses prises de vue en JPEG, il est préférable d’activer l’outil interne de correction des objectifs (attention, uniquement de la marque).

 

Netteté

Si la netteté oscille entre bonne et très bonne à f/2,8, ceci sur toute la plage, elle devient excellente entre f/4 et f/11, des bords au centre. À partir de f/16, on pourra se rendre compte d’un certain ramollissement de l’image, principalement dans les angles, ce qui se confirmera à f/22 (à oublier, sauf nécessité d’une grande profondeur de champ).

Comme on peut se rendre compte sur les 2 images suivantes (65mm, f/7.1), l’arrête du mur qu’il soit plein champ (photo 1) ou en bord de champ de l’objectif (photo 2), conserve une excellente densité d’image. Il y a une absence de dégradation flagrante.

 

Côté range, à 24 mm l’image apparaît comme légèrement moins piquée (surtout de f/2,8 f/4). Dès 26 mm, ce phénomène s’estompe. À noter que l’autre extrémité du range ne semble pas subir le phénomène de manière identique. Si on peut constater une petite perte de piqué sur l’ensemble de l’image, elle est moindre.

 

 

Bokeh

A 24mm (f/2.8, f/4, f/7.1)

 

A 50mm (f/2.8, f/4, f/7.1)

 

A 70mm (f/2.8, f/4, f/7.1)

 

De manière générale, le bokeh est agréable, y compris à f/2.8. Tout de même, on notera que l’intérêt à petite focale est assez restreint quand on souhaite isoler un élément en particulier. Le flou n’est pas assez « important ». Il faut atteindre des focales supérieures à 35mm pour que cela deviennent intéressant. A la décharge du D-FA 24-70, ce phénomène est assez inhérent aux petites focales.

 

Sur le terrain

Comme je l’ai dit au début de cet article, le D-FA 24-70/2.8 est mon compagnon principal en voyage ou dans nombre de sorties photos. Cela est dû à sa polyvalence qui me permet de changer rapidement de focale sans avoir à changer d’objectif. Certes, et j’en suis le premier convaincu, les objectifs à focale fixe lui sont généralement supérieurs qualitativement parlant. Mais, même en voulant zoomer ou dézoomer avec les pieds, j’ai « perdu » de trop nombreux clichés pour que je passe uniquement en focale fixe.

J’apprécie aussi le fait qu’il soit aussi bien à l’aise en extérieur qu’en intérieur où les conditions lumineuses ne sont pas les mêmes.

K-1, 1/80s à f/9, ISO 100, 24mm

K-1, 1/80s à f/9, ISO 100, 24mm

K-1 mark II, 1/50s à f/6.3, ISO 1000, 24mm

K-1 mark II, 1/50s à f/6.3, ISO 1000, 24mm

 

Autre point en sa faveur, le traitement WR, qui fait que je n’hésite pas à l’utiliser dans des conditions parfois limite, comme quand il neige, ou que je suis dans l’eau.

K-1, 1/25s à f/9, ISO 100, 24mm

K-1, 1/25s à f/9, ISO 100, 24mm

K-1 mark II, 1/250s à f/11, ISO 160, 24mm

K-1 mark II, 1/250s à f/11, ISO 160, 24mm

 

Mon utilisation de cet objectif est principalement pour les photos de voyages ou pour mes déambulations dans la ville, celles qui sont sans but précis. Par contre, cet objectif n’est jamais utilisé en studio, où les focales fixes sont presque toujours employées.

 

Conclusion

Cet objectif est le compagnon idéal pour les acheteurs FF en quête de hautes performances. Même si on n’atteint pas l’excellence, les images produites sont de très grande qualité. Il sera difficile de faire mieux. Ou alors à un tarif nettement plus élevé. Un compromis exceptionnel qui va dans le sens du photographe.

De part sa polyvalence, on dispose DU zoom indispensable qu’il faut avoir avec soi. Raison sans doute qu’il est devenu l’objectif monté de base sur mon boîtier Full Frame. Non que je n’utilise pas mes autres objectifs, mais celui-là me permet de répondre à presque tout ce que je suis amené à prendre en photo lors de sortie.

 

Les Plus

  • La solide qualité de construction résistante aux intempéries
  • Le QuickShift permettant une retouche manuelle de la mise au point
  • Des aberrations chromatiques globalement bien maîtrisées en FF
  • La netteté avec un contraste homogène et excellent
  • Le moteur de mise au point silencieux et très rapide

 

Les moins

  • Un objectif qui n’est pas D-FA*
  • Vignettage à f/2.8 dans certaines circonstances

 

Note

90/100

 

Galerie

K-1, 1/100s à f/8, ISO 100, 24mm

K-1, 1/100s à f/8, ISO 100, 24mm

K-1 mark II, 1/400s à f/3.2, ISO 125, 35mm

K-1 mark II, 1/400s à f/3.2, ISO 125, 35mm

 

K-1 mark II, 1/40s à f/6.3, ISO 10000, 27mm

K-1 mark II, 1/40s à f/6.3, ISO 10000, 27mm

K-1, 1/800s à f/4, ISO 125, 68mm

K-1, 1/800s à f/4, ISO 125, 68mm

 

K-1, 1/125s à f/9, ISO 100, 40mm

K-1, 1/125s à f/9, ISO 100, 40mm

K-1, 1/125s à f/10, ISO 4000, 70mm

K-1, 1/125s à f/10, ISO 4000, 70mm

 

 

Crédits photos © fyve (sauf les photos de l’objectif d’origine Ricoh) – Boitiers K-1 & K-1 mk II – Cliquez sur les photos pour agrandir