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[TEST] Objectif Pentax DA ★ 55 f/1.4

Ce test de terrain a été effectué avec un boîtier Pentax KP

 

Le Pentax DA ★ 55 f/1.4 SDM est un représentant de la gamme ★ (star) qui le désigne comme étant de grande qualité. Ce DA 55 a été conçu pour être utilisé avec des boîtiers reflex de type APS-C. Proposé à la vente à partir de 2009, Pentax l’a positionné à sa sortie comme étant la version APS-C du légendaire 85 mm f/1.4.

Alors qu’en 2018, cette gamme ★ a été redéfinie avec des critères de qualité encore plus exigeants que la norme précédente, comment cet objectif se défend avec un boîtier récent ?

 

Présentation du DA ★ 55 f/1.4

Cet objectif est un poids plume ! Il ne pèse que 375 gr, auxquels il faut ajouter environ 50 gr pour le pare-soleil. Ce qui n’est pas illogique puisqu’il s’agit d’une focale fixe. La première impression indique que la construction est de haute qualité, résistante, bien que son fût ne soit pas en métal mais simplement en plastique (polycarbonate sans doute).

Bien que le nom de l’objectif ne mentionne pas une protection aux intempéries, il semble pourtant que les différents composants de l’optique ont été protégés pour empêcher la poussière et l’eau d’y pénétrer (source ricoh-imaging japon : « dust-resistant and drip-proof construction« ). Vous pourrez donc l’utiliser en extérieur sans crainte d’une averse.

Cet objectif est une focale fixe de 55 mm en FF. Le champ visuel proposé en APS est celui offert par un 84mm sur un FF. Son ouverture maximale est f/1.4, avec une distance minimale de mise au point à 0,45 m. Le traitement des lentilles est de type Aero Bright, permettant une meilleure protection face aux lumières parasites.

La motorisation est de type SDM, rapide et silencieuse.

Pour les filtres (UV, Polarisant et autres ND), le diamètre est de 58 mm.

Dans la boîte, on trouve un sac de rangement et un pare-soleil en forme de cône, d’une longueur presque aussi importante que l’objectif lui-même (environ 5,5 cm), doté d’une petite trappe laissant un accès pour permettre la rotation d’un filtre polarisant.

 

Principales caractéristiques techniques

Pentax a appliqué avec cet objectif son cahier des charges de sa norme ★, avec le traitement Aero Bright de première génération pour certaines lentilles. Ce procédé Aero Bright promet d’améliorer la qualité de la réception de la lumière, tout en réduisant les lumières parasites. Ce sera à vérifier dans des conditions réelles d’utilisation.

tableau des caractéristiques techniques (cliquez pour déployer)
PENTAXDA ★ 55mm f/1.4 ED [IF] SDMMonture Pentax KAF3
Lentilles
Focale55mm
Equivalent 35mm sur un APS-C84mm
Angle de vueFF : NC.
APS-C : 28,6°
Ouverture maximalef/1.4
Ouverture minimalef/22
Diaphragme9 lamelles
Lentilles9
Groupes8
Distance minimale de mise au point0,45m
Mise au pointInterne
Stabilisation OptiqueNon
(stabilisation mécanique sur le boitier)
QuickShiftOui
MoteurSDM
Autres
Diamètre filtre58mm
TropicaliséOui
Poids0,375 kg
0,420 kg avec le pare-soleil
Dimensions70,5mm x 66mm
AccessoiresBouchons avant et arrière, Pare-soleil, Sac
Compatible FFSupposée, non confirmée

 

DA ★ 55 formule optique
Formule optique du DA ★ 55 (© ricoh-imaging)

 

La formule optique utilisée par ce DA semble assez « simple » puisque constituée de 9 lentilles réparties en 8 groupes. La monture est de type KAF3, un classique chez Pentax.

 

Prise en main

Ces derniers temps, les objectifs ont une tendance à prendre de l’embonpoint, pesant de plus en plus lourd. Retrouver un objectif léger est donc appréciable. Le couple qu’il forme avec le KP est très intéressant de ce point de vue.

La bague permettant la retouche manuelle du point est suffisamment large (1,5 cm) large pour les possesseurs de grosses mains. Le mouvement de rotation s’effectue sans à-coup. La bague est de type « sans fin », il n’y a pas de véritable arrêt quand on la tourne. Mais il existe une nette résistance de chaque côté de la course. En l’absence d’information sur un impact éventuel, je conseillerais de ne pas aller au-delà de cette résistance. La bague est réalisée dans une matière caoutchouteuse et dotée de fines barrettes allongées, agréables au toucher. Il s’agit là de l’ancien design, lequel a évolué depuis la sortie de l’objectif.

Un bouton de commutation AF/MF permet de modifier le mode de prise de vue autofocus ou manuel, à la volée, sans retourner sur le boîtier.

Le pas du filtre (là où se bloque le pare-soleil), étant indépendant du bloc lentille, cela permet de rendre l’utilisation de filtres polarisants ou gradués beaucoup plus simple et rapide. Ces derniers ne tourneront pas lors de la mise au point.

Pour les nostalgiques, mais pas que, l’objectif est doté d’un indicateur de distance, allant de 0,45 m (distance minimale de mise au point) à l’infini.

 

À l’usage, le moteur SDM n’est pas complètement silencieux. Un bruit reste perceptible, surtout quand il affine la mise au point.

Côté rapidité, ce n’est pas un monstre. On a l’impression que l’autofocus s’effectue en 2 temps trop perceptibles : une mise au point générale puis un affinage. Le tout dans un temps qui semble plus long que ce que l’on peut avoir sur d’autres objectifs. Au final, il est nécessaire d’attendre la fin de la mise au point avant de déclencher. Corollaire, il est moins réactif pour les sujets en mouvement. En studio, cela ne posera pas de vrais problèmes, mais il faudra le confronter dans un usage « outside ».

 

D’un point de vue technique

Ma philosophie en matière de test est que si les courbes issues d’outils de mesure électronique c’est bien pour certains, rien de vaut l’utilisation dans la « vraie » vie. Comment se comporte un objectif dans des conditions réelles d’utilisation ? Il s’agit ici d’apporter un point de vue utilisateur et essentiellement photographique. Les commentaires sont donc le fruit d’une analyse visuelle.

À noter que pour tout objectif, même le meilleur, il est toujours possible d’obtenir des imperfections visuelles (et plus particulièrement avec les AC), quelles que soient la focale et/ou l’ouverture.

 

Images de test

Toutes les photos utilisées pour les tests ont été prises en RAW (PEF ou DNG) et, sauf mention explicite, n’ont pas été développées (brut capteur) ou retouchées.

f/1.4 (Pleine Ouverture)
f/2
f/2.8
f/4
f/5.6
f/8
f/11
f/16
f/22

 

Aberrations chromatiques et flare

Les aberrations chromatiques sont très bien contenues et l’uniformité de l’éclairage est bonne sur toute l’image. Elles sont présentes dans certaines conditions à f/1.4, mais elles s’estompent à f/2 pour disparaître à f/2.8. Dans l’ensemble, il y a là une maîtrise qui dénote le détail apporté à la qualité de fabrication de la série ★. Attention, cela ne veut pas dire qu’il n’y aura jamais d’AC, mais plutôt que celles-ci sont minimisées et n’apparaissent visiblement que dans certaines circonstances. De plus, les outils de corrections présents sur le boîtier (à activer en cas de prise de vue en JPEG) ou dans les logiciels de Post-Traitement arriveront à bout sans aucune difficulté.

 

La résistance au flare est très bonne, le traitement Aero Bright premier du nom remplissant son rôle. L’utilisation du pare-soleil reste toutefois conseillée, que ce soit en extérieur comme en intérieur, de jour comme de nuit.

 

Distorsion

La distorsion est quasi inexistante, ceci dès la PO.

DA ★ 55, sans correction de la distorsion
DA ★ 55, sans correction de la distorsion

 

Les légers défauts restants se corrigent sans problème à l’aide des outils adéquats. Soit en utilisant le profil de correction dans votre outil de Post-Traitement (disponible au moins pour DxO et Lightroom), soit en activant la correction des objectifs sur votre boîtier (attention, cela ne fonctionne que pour les prises de vues en JPEG).

 

Vignettage

Un sans faute pour cet objectif qui est performant dès la PO.

 

Homogénéité de l’image

À grande ouverte (f/1.4), l’image produite est douce, la netteté est déjà bonne, avec l’inévitable flou d’arrière-plan qui se produit à pleine ouverture. C’est sur les coins que l’on remarquera le plus une certaine mollesse de l’image. Cette netteté devient très bonne à partir de f/2.0, puis excellent, ceci jusqu’à f/13, où l’on notera une perte de netteté à l’agrandissement, mais rien de désagréable. Au-delà, une petite molette rattrapera les détails.

C’est entre f/5.6 et f/11 que la netteté se montrera excellente sur toute l’image.

 

Bokeh

Bokeh, f/1.4
f/1.4
Bokeh f/1.6
f/1.6
Bokeh f/1.8
f/1.8
Bokeh f/2
f/2
Bokeh f/2.8
f/2.8
Bokeh f/5.6
f/5.6

Le bokeh à f/1.4 est agréable, mais pas assez précis sur l’endroit de la mise au point (ici, sur l’inscription Cilaos). En fermant d’un tiers de diaph (f/1.6), on obtient un meilleur rendu global. Les 9 lamelles du diaphragme font un travail remarquable. Sa « faiblesse » principale, pour en trouver une, concernera surtout les angles ou les lignes fines. De manière générale, les transitions s’effectuent dans la douceur.

On notera aussi qu’à f/2.8 et même à f/5.6, l’harmonie est toujours de mise.

 

En utilisation avec un FF

Cet objectif n’a pas été conçu pour du plein format. Mais en l’utilisant avec un K-1 mk II, j’ai pu vite me rendre compte que le cercle optique était suffisant pour couvrir le capteur FF. De manière visuelle, il y a malgré tout un vignettage assez important qui peut être constaté dans les coins, qui va en s’amenuisant de f/1.4 à f/4. À partir de f/5.6, on ne constate plus ce phénomène. À noter tout de même que l’effet est important à f/1.4, affectant environ 10% de l’image.

Sur un FF, à f/1.4
Sur un FF, à f/1.4
Sur un FF, à f/4
Sur un FF, à f/4

 

C’est le seul point négatif à remarquer, l’homogénéité centre champ / bord champ étant très bon en utilisation Plein Format. Ce qui est assez étonnant. De là à recommander cet objectif pour ce type de boîtier est un pas que je ne franchirais pas. Certes, il offre un piqué plus intéressant que son presque confrère FA 50/1.4, mais je reste sceptique malgré tout sur sa capacité à prendre la place du DFA ★ 50/1.4 qui est nettement plus performant. C’est le vignettage qui pose un handicap pour ce type d’objectif où les grandes ouvertures sont sollicitées.

 

Sur le terrain

Cet objectif est l’équivalent du 85 mm f/1.4 pour APS-C. Du moins c’est celui qui en termes de champ visuel proposé, en sera le plus proche. En studio, il se montre à la hauteur de ce que l’on est en doit d’attendre de ce type d’objectif. À l’extérieur, le champ visuel proposé fait que son usage est moins classique. Il impose des cadrages, des prises de vues différentes. Néanmoins, si on prend le temps de l’apprivoiser, on peut en tirer des choses intéressantes.

 

Tarif et Concurrence

Il faudra débourser 850 € pour acquérir cet objectif. On devrait pouvoir le trouver au moins à moitié prix en occasion.

Dans cette catégorie, chez Sigma ou Tamron, on en trouve rien.

En fait, comme souvent pour Pentax, la concurrence est sans doute en interne, avec le bon vieux FA 50 f/1.4 qui aura pour lui un poids, mais surtout un prix d’achat moindre. Sans compter le tout nouveau DFA ★ 50/1.4. Mais, si pour un FF, 5 mm d’écart dans le champ visuel cela n’a pas une grande importance, pour un APS-C cela est différent. Un 50 proposera un champ visuel comparable à un 77 mm, tandis d’un 55 proposera lui un proche des 85 mm. La différence est plus importante.

 

Conclusion

Avec un APS-C, en usage studio, pour lequel sans doute il a été imaginé, cet objectif s’avère idéal, permettant d’obtenir une image assez douce tout en étant nette. Utilisable dans d’autres pratiques comme la street photography, sa petitesse en fait un allié important. Les images produites raviront ses possesseurs ou ses futurs acheteurs.

La note technique se révèle assez faible pour un objectif ★ pour deux raisons :

  • Les standards de qualités exigés en 20 ans ont fortement augmenté. Ce qui a poussé Pentax a relevé le niveau de la série ★. De nouveaux traitements pouvant gommer les défauts optiques sont apparus, mais ils ne profitent pas ce DA ★ 55/1.4.
  • Les boîtiers sont plus performants. Depuis que les capteurs ont dépassé les 20 millions de pixels, les défauts peu perceptibles avant le deviennent.

 

Note technique

81/100

 

Les Plus

  • La netteté avec un contraste homogène et excellent
  • Douceur de l’image en studio
  • Le » 85 mm » pour l’APS-C

 

Les moins

  • Moteur SDM pas si silencieux que cela
  • AF manquant de rapidité

 

Galerie

 

Portrait, K-3 - 1/125s à f/5.6, ISO 100
Portrait, K-3 – 1/125s à f/5.6, ISO 100
Portrait, K-3 - 1/80s à f/2.5, ISO 800
Portrait, K-3 – 1/80s à f/2.5, ISO 800
Notre Dame avant, K-3 II - 1/125s à f/9, ISO 200
Notre-Dame avant, K-3 II – 1/125s à f/9, ISO 200
Bouquiniste, K-3 II - 1/100 à f/3.5, ISO 200
Bouquiniste, K-3 II – 1/100 à f/3.5, ISO 200
République, K-3 II - 1/125s à f/4.5, ISO 100
République, K-3 II – 1/125s à f/4.5, ISO 100
Burenne, KP - 1/500s à f/2.8, ISO 100
Burenne, KP – 1/500s à f/2.8, ISO 100
Académie, KP - 1/160s à f/7.1, ISO 100
Académie, KP – 1/160s à f/7.1, ISO 100
Louvre, KP - 1/1250s à 1/4, ISO 100
Louvre, KP – 1/1250s à 1/4, ISO 100

 

 

Iconographie by fyve (sauf mention particulière) – cliquez sur les photos pour agrandir

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