Roland Bénard est l’un des plus grands photographes de mon île. Passionné par le volcan, il n’a eu de cesse de faire découvrir La Réunion. Mais pour moi, c’est l’ami d’enfance de mon père. Bambin, j’ai passé quelques après-midi dans l’arrière-boutique de son magasin de photo et parfois au sous-sol, dans le labo de développement (avec une pensée pour Alexis, son assistant, que j’ai souvent dû embêter).

C’est par son intermédiaire que j’ai découvert la magie de la photo, un monde merveilleux. Il est indéniable que Roland a énormément façonné ma façon de photographier. Il m’a appris les règles de base, la façon d’utiliser les formes et les couleurs pour mieux composer une photo. Certes, par la suite, d’autres photographes m’ont influencé, comme Salgado, Brassai, Clergue (la série des gitans !) ou, plus tard Ronis, Moriyama et Araki. Mais Roland restera celui m’a fait aimer la photo.

 

 

Aussi loin que remontent mes souvenirs, mes mains ont souvent tenu des appareils photo. Je me souviens d’un Kodak Instamatic 100 il me semble (ou le 133 ?), appareil photo dans lequel on mettait une cartouche et que l’on envoyait tel quel, sans rembobiner, à développer. Le flash était un accessoire, un cube carré qu’on ajoutait aussi. 4 éclair et on changeait le cube… il n’était pas à moi, mais quand j’avais 6/9 ans, il a souvent traîné avec moi.

Et puis il y a eu mon premier appareil rien qu’à moi. Un cadeau de mes parents pour mon périple de 2 mois à travers la France métropolitaine. Le Kodak Ektra 22EF.

KodakEktra22

Que de souvenirs !

 

Je n’oublie pas l’appareil de mon père (un Pentax Spotmatic F désormais en ma possession) ou les Hasselblad et autres boîtiers de Roland que j’ai pu approcher (il aimait les Nikon si mes souvenirs sont exacts). Ah si, il y a eu également un Canon reflex, mais je retrouve plus le modèle, ni l’appareil (un AL-1 ou un F-1). Je l’avais récupéré par hasard en 1988, mais, mal entreposé pendant des années, l’électronique avait souffert et il n’a pas survécu très longtemps.

Le temps passe et je grandis en m’éloignant de la photo. C’est une traversée du désert. Le manque de temps se fait sentir, mais surtout le manque d’argent. Roland a fermé son atelier et le développement coûte cher. Avec trop souvent une qualité épouvantable, surtout quand on a été habitué à de l’excellence. Mais l’envie reste présente quelque part et je regarde avec attention l’apparition du numérique. Reste que, avant qu’un appareil soit utilisable, il en aura fallu du temps.

 

C’est au début des années 2000 que le virus se réactive, presque par surprise. Parce qu’un collègue a acheté un appareil photo numérique… Et mes débuts de l’ère numérique s’effectuent avec le même appareil, un Minolta Dimage 7i. Pas longtemps d’ailleurs, car, suite à une avarie du capteur, il cessera de fonctionner.

Pendant les années qui suivirent, de très nombreux petits compacts et autres compacts experts se sont succédé, notamment chez Panasonic/Lumix et Canon. Rien ne m’a franchement convaincu, attiré il est vrai par les reflex !

Pas que je franchis finalement quand Pentax sort l’étonnant K-10D. Premier reflex à correspondre presque entièrement à ma liste de caractéristiques attendues pour un appareil numérique : tropicalisation, bonne définition, ergonomie et un prix abordable. C’était en mai 2007.

Depuis le K-10D, j’ai eu tous les boîtiers reflex experts APS-C de Pentax. Le K-20D en mars 2008, puis le K-7 en septembre 2010 et le K-5 en juin 2012. En novembre 2013, c’est le K-3 qui arrive entre mes mains. Ce boîtier est la seconde vraie évolution depuis le K-10D (K-5 étant le premier) avec de grosses améliorations dans plein de secteurs, dont l’AF. Le K-3II débarque, quant à lui, en juin 2015.

C’est dans les derniers jours d’avril 2016 que le premier full frame numérique signé Pentax arrive enfin. Le K-1. Il en aura fallu du temps. Tant qu’on ne l’a pas eu en main, il est difficile de se rendre compte de ce qu’il apporte. Un changement de braquet sans regret.

Pentax K-1

Pentax K-1

 

Accessoirement, j’ai aussi deux petits compacts. Un « expert » capable de shooter en RAW, le canon S100. Il est aussi facilement glissable dans une poche. Le compagnon presque idéal au quotidien. Mes photos de concert sont souvent prises avec cet appareil. Le second est un Ricoh WG étanche, capable d’aller sous l’eau. Aujourd’hui, ces eux APN ne sont quasiment plus utilisés. La faute au smartphone en grande partie…

 

L’histoire, elle, continue.