Un peu d’histoire

Si je dois me montrer complètement honnête, je ne saurais dire quand et comment j’ai commencé la photographie. Cela remonte à si loin… Il est vraisemblable que j’ai commencé la photographie avant même de savoir que j’en faisais. Tout vient de l’enfance, de la lointaine enfance. À partir de 5/6 ans je dirais. Mes souvenirs remontent à cette époque. Dès cette époque, mes mains ont souvent tenu des appareils photo. Évidemment, à l’époque je n’avais aucune idée de ce qu’était la photographie ! Mais c’est sans doute là que tout a dû commencer, dans les années 75-80…

Roland Bénard est l’un des plus grands photographes de mon île. Passionné par le volcan, il n’a eu de cesse de faire découvrir La Réunion. Mais pour moi, c’est l’ami d’enfance de mon père. Bambin, j’ai passé quelques après-midi dans l’arrière-boutique de son magasin de photo et parfois au sous-sol, dans le labo de développement (avec une pensée pour Alexis, son assistant, que j’ai souvent dû embêter). C’est par son intermédiaire que j’ai découvert la magie de la photo, un monde merveilleux. Roland a énormément façonné ma façon de photographier. Il m’a appris les règles de base, la façon d’utiliser les formes et les couleurs pour mieux composer une photo. Certes, par la suite, d’autres photographes m’ont influencé, comme Salgado, Brassai, Clergue (la série des gitans !) ou, plus tard Ronis, Weiss, Moriyama et Araki. Mais Roland restera celui m’a fait découvrir et aimer la photo.

Je me souviens d’un Kodak Instamatic 100 il me semble (ou le 133 ?), appareil photo dans lequel on mettait une cartouche et que l’on envoyait tel quel, sans rembobiner, à développer. Le flash était un accessoire, un cube carré qu’on ajoutait aussi. 4 éclair et on changeait le cube… il n’était pas à moi, mais quand j’avais 6/9 ans, il a souvent traîné avec moi. Mon premier cliché conservé date de cette époque. Une photo de coulée de lave au village de Piton Sainte-Rose en avril 1977.

Ma première photo retrouvée, église de Piton Sainte Rose en avril 1977
église de Piton Sainte Rose en avril 1977

 

Mon premier appareil rien qu’à moi était un cadeau de mes parents pour mon périple de 2 mois à travers la France métropolitaine. Le Kodak Ektra 22 EF. Mais je ne sais pas où sont passés ces clichés. Ont-ils disparu dans les déménagements de la vie, ou bien étaient-ils tellement mauvais que rien n’a été conservé ? À vrai dire, je n’en ai aucun souvenir. Sans doute que la deuxième hypothèse est la vérité.

KodakEktra22
Kodak Ektra 22 EF

 

Je n’oublie pas l’appareil de mon père (un Pentax Spotmatic F désormais en ma possession) ou les Hasselblad et autres boîtiers de Roland que j’ai pu approcher (il aimait les Nikon si mes souvenirs sont exacts). Ah si, il y a eu également un Canon reflex, mais je ne retrouve plus le modèle ni l’appareil (un AL-1 ou un F-1). Je l’avais récupéré par hasard en 1988, mais, mal entreposé pendant des années, l’électronique avait souffert et il n’a pas survécu très longtemps.

Le temps passant, je m’éloigne de la photo. C’est surtout le manque d’argent qui en est la cause. Roland ayant fermé son atelier, le développement atteint désormais un coût trop important pour moi. Sans compter que la qualité des minilabs est souvent épouvantable, surtout quand on a été habitué à de l’excellence. Et si je sais développer, surtout en noir et blanc, à l’époque je ne dispose pas de tout le matériel nécessaire… ni de la place. C’est une traversée du désert qui commence.

L’envie reste néanmoins présente quelque part. C’est avec la plus grande attention que je m’intéresse à l’émergence de la photo numérique. L’utilisation du Quicktake 100 (signé Apple et Kodak) pendant une journée fin 1994, m’a convaincu rapidement que l’avenir était là. Mais les quelques 307 000 pixels de résolution (640 x 480) font que les images sont loin d’atteindre la qualité proposée par l’argentique. La technologie était là, mais il restait un assez long chemin à parcourir. Avant qu’un appareil soit utilisable pour le grand public, il en aura fallu du temps.

En 2001, grâce à un collègue, j’ai pu essayer le Minolta Dimage 7, un appareil photo numérique doté d’un EVF et d’une résolution de 5,24 Mpx. Convaincu partiellement, je craque pour son successeur, le Dimage 7i. Pas longtemps d’ailleurs, car, suite à une avarie du capteur, il cessera de fonctionner. Cet appareil m’aura néanmoins convaincu de 3 choses. La première, c’est que le virus de la photo était toujours présent. La deuxième, c’est que les EVF, ce n’était pas vraiment top. La troisième, c’est que j’attendais autre chose comme appareil photo. 

Pendant les années qui suivirent, ce fut donc la chasse au dahu. De très nombreux petits compacts et autres compacts experts se sont succédé les uns aux autres, notamment chez Panasonic/Lumix et Canon. Rien ne m’a franchement convaincu ! C’est aussi durant ces années que j’ai perdu un disque dur de photos. Grâce à des sauvegardes sur CD-ROM, j’ai pu en récupérer une partie, mais près de la moitié des clichés ont disparu. Depuis, je blinde mes sauvegardes, ne voulant pas revivre un scénario similaire.

Cette chasse durera 6 ans, jusqu’en mai 2007 et la présentation de l’étonnant K-10D par Pentax. Premier reflex à correspondre presque entièrement à ma liste de caractéristiques attendues pour un appareil numérique : reflex, tropicalisation, bonne définition, ergonomie et un prix abordable. Depuis le K-10D, j’ai eu tous les boîtiers reflex experts APS-C de Pentax. Le K-20D en mars 2008, puis le K-7 en septembre 2010 et le K-5 en juin 2012. En novembre 2013, c’est le K-3 qui arrive entre mes mains. Ce boîtier est la deuxième vraie évolution depuis le K-10D (le K-5 étant la première) avec de grosses améliorations dans plein de secteurs, dont l’AF. Le K-3II débarque, quant à lui, en juin 2015.

Puis, ce fut le passage au full frame numérique, dans derniers jours d’avril 2016. Le Pentax K-1. Le Full Frame, c’est autre chose. Tant qu’on n’en a pas eu un en main, il est difficile de se rendre compte de ce qu’il apporte. Un changement de braquet sans regret, même si entretemps le mark II a remplacé son aîné dans le sac.

Pentax K-1
Pentax K-1

 

Accessoirement, il y a aussi un petit compact. Il s’agit d’un Ricoh WG étanche, capable d’aller sous l’eau. Cet APN n’est quasiment plus utilisé. La faute au smartphone en grande partie. J’avais également, jusqu’à peu, un compact « expert » capable de shooter en RAW, le canon S100. Le compagnon presque idéal au quotidien. Mes photos de concert ont souvent été prises avec cet appareil, jusqu’au jour où il a arrêté de fonctionner.

 

L’histoire continue…

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